L' AIGLE VOLE AU SOLEIL

L' AIGLE VOLE AU SOLEIL

THE WINGS OF EAGLES

Un film d'aventures de John Ford

110  mn

Avec John Wayne, Maureen O'Hara, Dan Dailey, Ward Bond, Ken Curtis, Edmund Lowe, Kenneth Tobey, Barry Kelley
Scénario de Frank Fenton, William Wister Haines
D'après Frank W. Wead
Musique de Jeff Alexander
Photo de Paul C. Vogel
Produit par Charles Schnee

RESUME
Un pilote de la marine tout juste formé au pilotage se fait remarquer par ses excentricités et son talent. Passionné par son métier, il en oublie sa famille. Suite à une chute dans un escalier il devient hémiplégique. Il se consacrera alors à l'écriture.

COMMENTAIRE
On comprend que relater la vie de Frank W. Wead ne pouvait qu'enchanter John Ford. En plus d’avoir écrit le scénario de deux de ses films, « Tête brûlée » et « Les sacrifiés », et d’avoir été un ami, Wead fut un pionnier de l’aéronavale et n’hésita pas à se réengager dans l’armée lors de la Deuxième Guerre mondiale, malgré un handicap lourd. Ce fut un homme dont le courage et le sens du devoir avaient tout pour séduire Ford qui, rappelons-le, s’engagea lui aussi dans la marine lors de la Deuxième Guerre. Hélas, alors que cette biographie avait de quoi constituer la base d’un film intéressant, Ford la traite de façon si particulière que tout l’intérêt qu’elle recèle disparaît. Il est incontestable qu’il a voulu expérimenter, comme il le fit précédemment pour d’autres œuvres, mais là il s’égare. Placer une séquence dramatique juste après une autre relevant du plus pur burlesque ne peut convaincre. Faire suivre une scène où, aux commandes de son biplan, Wead atterrit en catastrophe au beau milieu d’une garden-party d’officiers, à une autre, où son fils meurt des suites d’une maladie, est déconcertant. Ford impose intentionnellement un ton comique à un récit qui est intrinsèquement tragique. En plus d’être décalé par rapport au propos, il a des difficultés, depuis « L’homme tranquille », à traiter de façon juste une scène amusante, et il a tendance à piteusement surenchérir. Par exemple, à un certain moment, l’intrigue se concentre sur le défilé des officiels qui apportent en cachette à Wead une bouteille d’alcool, alors qu’il est entièrement immobilisé sur un lit d’hôpital suite à l’accident qui a endommagé sa moelle épinière. Si on reconnaît bien là la truculence fordienne, elle vient mal à propos et est trop appuyée. La situation dramatique demandait plus de subtilité. Toutefois, à côté de cela, on devine encore la touche du maître, en l’occurrence dans cette scène où Maureen O'Hara quitte l’hôpital en pleurs ou celle encore qui conclut le film.

Tous les droits de reproduction et de diffusion réservés © 2013 Hollywood33