LES AILES

LES AILES

WINGS

Un film de guerre de William A. Wellman

171  mn

Avec Clara Bow, Charles 'Buddy' Rogers, Richard Arlen, Jobyna Ralston, El Brendel, Richard Tucker, Gary Cooper, Henry B. Walthall, Roscoe Karns, Julia Swayne Gordon
Scénario de Hope Loring, Louis D. Lighton
D'après John Monk Saunders
Photo de Harry Perry
Produit par Lucien Hubbard

RESUME
@F.1917, l'Amérique entre en guerre. Deux amis s'engagent dans l'aviation. Après leurs classes, ils partent en France en emportant avec eux le souvenir de la même femme. Leur première mission sera de combattre une redoutable escadrille allemande.

COMMENTAIRE
Tourné moins de dix ans après les faits qu’il relate, réalisé par l’un de ceux qui ont combattu dans le ciel de France (William A. Wellman relatera son expérience dans « Lafayette Escadrille », son dernier film), « Les ailes » reste le premier grand témoignage cinématographique porté par ceux qui ont vécu l’épopée aérienne de la Première Guerre mondiale. Les jeunes gens qui partent insouciants à la guerre, qu’on envoie au casse-pipe sans la moindre expérience, qui se réfugient dans la boisson lors des permissions, et qui reviennent au pays couverts d’honneur quand ils sont chanceux sont quelques-uns des aspects que nous dévoile ce film, des aspects qui seront largement repris par la suite, en particulier dans « La patrouille de l’aube » de Howard Hawks. Pour autant, curieusement, le témoignage est profondément édulcoré. A aucun moment on ne retrouve le désenchantement de « A l’ouest rien de nouveau », ou celui propre aux auteurs de la lost generation tels Hemingway ou Fitzgerald - que le cinéma relayera dans des films comme « The Last Flight » de William Dieterle ou « Trois camarades » de Frank Borzage. Répondant à la mentalité de ces réalisateurs venus du muet (Howard Hawks, John Ford ou Raoul Walsh) qui dissimulent leur émotion derrière une espèce de forfanterie, la peinture qui est faite de ces héros relève plutôt de l’image d’Epinal. Hommage aux aviateurs de la Grande Guerre, « Les ailes » dévoile des jeunes pilotes courageux, déterminés et possédant un sens sans égal de l’honneur. Et si la fin est dramatique elle répond plus à l’esprit du mélodrame qu’à la volonté de dénoncer le sacrifice d’une génération sur l’hôtel de la patrie. Il faudra attendre des œuvres comme « Héros à vendre » pour que Wellman s’attache à relater la noirceur de la réalité. Ce regard emphatique et naïf n’empêchera pas le film de remporter le premier Oscar de l’histoire du cinéma. Outre la belle amitié qui lie les deux personnages principaux, ce choix a de toute évidence été motivé par les prouesses techniques et les nombreux combats aériens spectaculaires qui agrémentent l’œuvre. La présence d’une Clara Bow mutine et pétillante ainsi qu’un petit ours porte-bonheur apportent par ailleurs un peu de douceur à cette histoire virile avant tout. Signalons également l’apparition de Gary Cooper dans un minuscule rôle. Il y fait un espèce de salut qu’il reprendra dans de nombreux films par la suite.

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