AIMEZ-MOI CE SOIR

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LOVE ME TONIGHT

Une comédie musicale de Rouben Mamoulian

85  mn

Avec Maurice Chevalier, Jeanette McDonald, Charlie Ruggles, Charles Butterworth, Mirna Loy, C. Aubrey Smith, Elisabeth Patterson, Ethel Griffies, Blanche Frederici, Joseph Cawthorne, Bert Roach
Scénario de Samuel Hoffenstein, Waldemar Young, George Marion Jr.
D'après Léopold Marchand, Paul Armont
Musique de Richard Rodgers
Photo de Victor Milner

RESUME
Un tailleur parisien part à la recherche d'un vicomte pour lui réclamer la forte somme qu'il lui doit. Sur le chemin il rencontre une princesse dont il s'éprend immédiatement. Il la retrouvera dans un château où demeurent d’autres nobles, dont le vicomte.

COMMENTAIRE
Comparé aux autres réalisateurs de sa génération Rouben Mamoulian tourne relativement peu, seulement dix films dans les années trente quand dans le même temps un réalisateur comme John Ford en affiche vingt-sept, cela pouvant aller jusqu’à quarante-cinq pour un stakhanoviste comme Michael Curtiz. Pour autant il touche à tous les genres avec, de plus, beaucoup de réussite. Que ce soit le film de gangster avec « Les carrefours de la ville », le drame historique avec « La reine Christine », le film fantastique avec « Docteur Jekyll et Mister Hyde », le mélodrame avec « Résurrection », et maintenant la comédie musicale, presque tout ce qu’il entreprend devient un classique du genre. Hormis une mise en scène extrêmement soignée, ce qui a tendance à le caractériser c’est la recherche formelle dont il fait constamment preuve. S’il devient plus sobre à partir du milieu des années trente, il abuse quelque peu des effets dans ses premiers films ainsi que celui-ci. On assiste en effet à des accélérés et à des ralentis incongrus, ou à des superpositions et des assemblages d’images surprenantes - qui finalement se marient assez bien avec le ton léger du film. Mais à l’instar de l’ouverture particulièrement brillante où l’on découvre le réveil d’une rue populaire de Paris au petit matin, c’est bien la mise en scène qui interpelle. Particulièrement imaginative, cette mise en scène se renouvelle constamment pour ne jamais permettre de ressentir le moindre ennui. A côté de cela, portée par la présence de Maurice Chevalier, le plus important représentant français en Amérique, l’histoire met à l’honneur tous les clichés qu’on prête à l’hexagone. C’est Paris, c’est l’amour et le romantisme - thème d’une chanson que de nombreuses personnes (tailleur, compositeur, militaires, princesse) se relaient à travers les paysages français -, mais c’est aussi la noblesse et ses châteaux somptueux qui constituent le cadre de l’intrigue. Trois ans auparavant Frank Borzage avait exploité les mêmes clichés dans « They Had to See Paris », c’est dire la fascination que les Américains éprouvaient pour ces aspects !

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