LA DAME DU VENDREDI

LA DAME DU VENDREDI

HIS GIRL FRIDAY

Une comédie de Howard Hawks

89  mn

Avec Cary Grant, Rosalind Russell, Ralph Bellamy, Gene Lockhart, Helen Mack, Porter Hall, Ernest Truex, Cliff Edwards, Clarence Kolb, Roscoe Karns, Frank Jenks, Regis Toomey, Abner Biberman, Frank Orth, John Qualen, Alma Kruger, Billy Gilbert, Edwin Maxwell
Scénario de Charles Lederer
D'après Ben Hecht, Charles McArthur
Musique de Morris W. Stoloff
Photo de Joseph Walker
Produit par Howard Hawks

RESUME
Encore attaché à son ex-épouse, le rédacteur en chef d'un grand journal demande à celle-ci, journaliste, de couvrir l'actualité d'un condamné à mort. Elle accepte à condition qu'il souscrive une assurance vie vendue par son nouveau fiancé.

COMMENTAIRE
Tirée d’une pièce de théâtre écrite par Ben Hecht et Charles McArthur, produite pour la première fois en 1928, cette histoire avait déjà fait l’objet d’un film en 1931 lorsque Howard Hawks demande à Charles Lederer d’en écrire une nouvelle adaptation. Appréciant tout particulièrement les comédies mettant en scène une femme de caractère, féministe, et un homme plutôt dominé, Hawks choisit de transformer les deux rôles principaux masculins originaux en un couple divorcé, ajoutant ainsi une dimension sexuée à ces rapports. Que ce soit « Train de luxe », puis « L’impossible Monsieur Bébé », par la suite, « Boule de feu » ou « Allez coucher ailleurs », le cinéaste a en effet toujours été attiré par ce type de relation. Car si Cary Grant, que Hawks avait déjà dirigé à deux reprises auparavant, est certes moins empoté que dans « L’impossible Monsieur Bébé », moins exubérant aussi, plus manipulateur, il n’en demeure pas moins esclave des ses sentiments envers son ex-femme - une Rosalind Russell qui interprète certainement là l’un des plus brillants rôles de sa carrière. Celle-ci beaucoup plus affranchie vis-à-vis de cet amour, exploite avec intelligence son emprise sur lui. Mais ce n’est peut-être pas l’aspect le plus intéressant de cette comédie devenue un classique du genre. Il faut plutôt le trouver du côté des bons mots (« Il ressemble à Ralph Bellamy » réplique Grant à quelqu’un qui ne connaît pas le personnage interprété par Bellamy), du cynisme (un Shérif et un médecin se partagent les honneurs qui suivront l’exécution du condamné à mort dont ils s’occupent et qui est présent avec eux dans la pièce), de l’hypocrisie, des bassesses, des entourloupes des uns, des remarques blasées des autres, tout ceci orchestré avec délectation. S’ajoute à cela une particularité remarquable voulue par Hawks : le rythme haletant du film et plus particulièrement la vitesse élevée à laquelle les comédiens disent leur texte, allant parfois jusqu’à parler tous en même temps. Cette façon particulière de mettre en scène le texte, façon qui n’a jamais vraiment fait d’émule mais qui reste tout de même courageuse, engendre à la longue une lassitude. Il est vrai toutefois qu’elle confère un côté survolté qui dynamise les dialogues, le rendant parfois plus amusant encore. Enfin signalons concernant le titre français, qu’une « girl friday » n’est pas une « fille du vendredi » mais une « aide de bureau » !

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