DÉSIR

DÉSIR

DESIRE

Une comédie de Frank Borzage

92  mn

Avec Marlene Dietrich, Gary Cooper, John Halliday, William Frawley, Ernest Cossart, Akim Tamiroff, Alan Mowbray, Zeffie Tilbury
Scénario de Edwin Justus Mayer, Waldemar Young, Samuel Hoffenstein
D'après Hans Szekely, R. A. Stemmle
Musique de Frederick Hollander
Photo de Charles B. Lang Jr.
Produit par Ernst Lubitsch

RESUME
A Paris, tandis qu'un ingénieur américain part en vacances, une jeune femme prend la fuite après avoir volé un collier de valeur. Leurs routes se croiseront à la frontière espagnole où la voleuse glissera le collier dans la poche de l'ingénieur…

COMMENTAIRE
Quatre ans après « L’adieu au drapeau », Frank Borzage retrouve les studios de la Paramount et sa plus grande vedette masculine, Gary Cooper. (Il retrouve également le chef opérateur Charles B. Lang qui compose une photo remarquable dans les deux films). Mais cette fois-ci, remplaçant la plutôt quelconque Helen Hayes, c’est Marlene Dietrich qui donne la réplique à Cooper. Les deux acteurs avaient joué ensemble en 1930 dans « Cœur brûlé » de Joseph Von Sternberg, formant déjà un couple d’une élégance fascinante. Aidé par le sujet, les décors et les costumes d’une sophistication extrême, Borzage exalte plus encore ici la grâce aussi artificielle que magnifique qui se dégage du couple. N’étant plus dans le drame, mais dans la comédie sentimentale, il étale un côté glamour et papier glacé dont il n’est pas un fervent adepte, mais qui convient parfaitement aux deux acteurs. Le ton est souvent ironique, d'une ironie qu’on retrouve dans nombre de Screwball Comedy et qu’Ernst Lubitsch - qui apparaît au générique en tant que producteur mais qu’on devine tapi dans l’ombre du réalisateur - manie avec délectation. Elle pimente agréablement les relations du couple sans jamais parvenir à annihiler l’admiration qu’ils semblent ressentir l’un pour l’autre. Plus que l’intrigue d’un intérêt tout relatif - et ce malgré un début plutôt prometteur -, l’enthousiasme pour le film provient bien de son esthétique. Outre la beauté des personnages principaux et de leurs relations, les toilettes de Dietrich sont magnifiques. La production semble avoir eu un malin plaisir à imaginer pour chaque nouvelle scène une tenue qui la mette différemment en valeur. Pas aussi exubérante que dans les films de Sternberg, ces tenues ne sont pas moins de véritables modèles de haute couture. On notera en particulier cette robe évanescente qu’elle porte en se tenant dans l’embrasure d’une fenêtre lorsqu’elle accueille Cooper. Mais ce sont aussi les décors. La villa où se déroule la plus grande partie du film est formée de pièces disposées on ne sait comment les unes par rapport aux autres et s’ouvrant toutes sur des terrasses en escaliers donnant sur des jardins. On est définitivement dans quelque chose qui recherche tellement le beau qu’il en devient surréaliste.

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