UN DIMANCHE APRÈS-MIDI

UN DIMANCHE APRÈS-MIDI

THE STRAWBERRY BLONDE

Une comédie dramatique de Raoul Walsh

95  mn

Avec James Cagney, Olivia de Havilland, Rita Hayworth, Alan Hale, Jack Carson, George Tobias, Una O'Connor, George Reeves
Scénario de Julius J. Epstein, Philip G. Epstein
D'après James Hagan
Musique de Heinz Roemheld
Photo de James Wong Howe
Produit par William Cagney, Hal B. Wallis

RESUME
A New York, à la Belle Epoque, un dimanche après-midi, un dentiste qui vient de sortir de prison, est sollicité pour opérer un patient souffrant d'un mal de dents, celui-là même qui l’a fait passer pour un hors-la-loi sept ans auparavant.

COMMENTAIRE
Mis en scène une première fois en 1933 par Stephen Roberts (interprété par Gary Cooper et Fay Wray), cette histoire de dentiste qui s’aperçoit malgré ses déboires que le destin l’a gâté, sera reprise deux fois par Raoul Walsh : une première fois ici, en 1941, et une deuxième fois en 1948. (C’est Dennis Morgan et Dorothy Malone qui assureront les rôles principaux dans cette dernière version). Cette fable romantique, subtil mélange de drame et de comédie, porte une truculence, une légèreté, une noirceur aussi, en accord avec la personnalité haute en couleur de Walsh. (Ajoutons toutefois que certains passages burlesques comme celles qui mettent en scène Alan Hale sont parfois grossièrement appuyés). L’ambiance n’est pas sans rappeler deux de ses grands films, « Les faubourgs de New York » sorti en 1933 et « Gentleman Jim » sorti en 1942, qu’il annonce incontestablement. Nous sommes dans une Amérique urbaine passéiste et nostalgique, où tous semble radieux. Dans un New York de fin de siècle qui ressemble plus à un village qu’à une métropole, la vie paraît douce et les gens heureux. C’est dans ce cadre idyllique qu’un homme se fait ravir par un rival celle qu’il convoitait, l’obligeant à se « rabattre » sur une amie d’apparence plus quelconque. Mais l’avenir montrera qu’il a finalement fait le bon choix. C’est Rita Hayworth, dans un de ses premiers grands rôles, qui incarne cette sulfureuse et attirante Strawberry Blonde que les hommes se déchirent. Physiquement moins fascinante, il est vrai, Olivia de Havilland joue les bonnes amies qui se révèlent en revanche bien meilleures épouses. Constamment dupé par un Jack Carson sournois, James Cagney interprète quant à lui les naïfs perdants. L’histoire est relatée en flash back à partir des souvenirs que se remémore le héros. Cette structure narrative utilisée encore assez rarement à l’époque, permet ici de renforcer un moment privilégié et particulier de la vie du héros : un dimanche après-midi serein où tout semble aller pour le mieux dans le meilleur des mondes. Outre la photo magnifique de James Wong Howe, la musique s’organique autour d’un unique thème qui réapparaît tout au long du film et qui a certainement contribué à son succès. Chose assez rare, voire totalement inédite, le film se conclut sur une série d’intertitres affichant les paroles de la chanson qui accompagne le thème tandis que celle-ci est interprétée une ultime fois, un karaoké avant l’heure en quelque sorte !

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