DOCTEUR JEKYLL ET MISTER HYDE

DOCTEUR JEKYLL ET MISTER HYDE

DR. JEKYLL AND MR. HYDE

Un film fantastique de Rouben Mamoulian

96  mn

Avec Fredric March, Miriam Hopkins, Rose Hobart, Holmes Herbert, Halliwell Hobbes, Edgar Norton, Tempe Pigott, Douglas Walton
Scénario de Samuel Hoffenstein, Percy Heath
D'après Robert Louis Stevenson
Musique de Walter Shumann
Photo de Karl Struss
Produit par Rouben Mamoulian

RESUME
@A. A Londres, un médecin met au point une potion qui confirme ses thèses sur la dualité de l'âme partagée entre le bien et le mal. Il l'essaye sur lui et se transforme en un être hideux et malfaisant qui terrorisera une chanteuse de beuglant.

COMMENTAIRE
Dans la continuité des « Carrefours de la ville » datant de quelques mois auparavant, Rouben Mamoulian intègre à son « Docteur Jekyll et Mister Hyde » de nombreuses recherches formelles. Le film s’ouvre sur une longue séquence en caméra subjective, un procédé totalement révolutionnaire pour l’époque et qui verra sa consécration plus de quinze ans après dans des films noirs comme « Les passagers de la nuit » de Delmer Daves et « La dame du lac » de Robert Montgomery. Mais c’est aussi l’utilisation de la profondeur de champ (des gros plans de visage devenant flou, puis net), des fondus enchaînés (qui s’interrompent pour couper l’image en deux) et des très gros plans des yeux qui se révèlent incroyablement novateurs en ce début des années trente. Alors que dans « Les carrefours de la ville », un film de gangsters, ces effets paraissaient quelque peu ostentatoire, ici, même plus nombreux et plus audacieux, ils continuent à répondre à l’esprit surnaturel de l’intrigue à l’instar de la transformation du Dr Jekyll qui est évidemment l’effet le plus sensationnel. De toutes les versions cinématographiques du roman de Robert Louis Stevenson, que ce soit celle de John Stuart Robertson avec John Barrymore, celle de Victor Fleming avec Spencer Tracy, ou même celle de Jean Renoir avec Jean-Louis Barrault, c’est celle-ci qui présente le Hyde le plus monstrueux : rappelant le loup-garou du « Monstre de Londres » de Stuart Walker sorti en 1936, le grimage de Fredrich March - avec ses canines proéminentes et son faciès simiesque - est de loin le plus sophistiqué. Incapable de le reconnaître derrière ce véritable masque, ayant des attitudes très différentes lorsqu’il incarne Mr Hyde ou Dr. Jekyll, on pourrait douter que March interprète les deux rôles. C’est certainement la stupéfiante métamorphose de son jeu qui lui valut de remporter l’Oscar du meilleur acteur cette année-là. Oubliée par les « Academy Awards » mais tout aussi impressionnante, Miriam Hopkins en jeune femme harcelée par le monstre, traduit avec force l’angoisse qui la ronge. Ces interprétations magistrales alliées à des recherches formelles incroyables placent certainement cette œuvre fantastique parmi les meilleures du genre.

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