DOCTOR BULL

DOCTOR BULL

DOCTOR BULL

Une comédie dramatique de John Ford

75  mn

Avec Will Rogers, Vera Allen, Marian Nixon, Berton Churchill, Louise Dresser, Andy Devine, Rochelle Hudson, Tempe Pigott, Elisabeth Patterson, Ralph Morgan
Scénario de Jane Storm
D'après James Gould Cozzens
Musique de Samuel Kaylin
Photo de George Schneiderman
Produit par Winfield Sheehan

RESUME
Un médecin de campagne qui se dévoue corps et âme pour ses patients passe parfois ses soirées chez une veuve ou prodigue toujours le même remède, un comportement qui ne manque pas de faire jaser une partie bien-pensante de la population.

COMMENTAIRE
« Doctor Bull » est le premier des trois petits joyaux que John Ford tournera avec Will Rogers avant que ce dernier ne disparaisse en 1935 dans un accident d’avion. Le film témoigne de l’immense perte que Rogers inflige au cinéma en général, et à Ford en particulier. Car qui mieux que Rogers aurait pu incarner ce médecin débonnaire et éminemment sympathique ? S’il n’est pas devenu un acteur fordien au même titre qu’Harry Carrey, Henry Fonda ou John Wayne - qui tournèrent respectivement 25, 8 et 19 films avec le maître -, Rogers n’en est pas moins celui qui correspond le mieux à l’esprit du cinéma de Ford. Son tempérament altruiste répond aux personnages profondément humains et attachants qui hantent l’œuvre du cinéaste. Ce n’est pas un hasard d’ailleurs si « Doctor Bull » est un condensé de tout ce qui fait la force de cette œuvre. Il annonce des chefs-d’œuvre comme « Vers sa destinée », « L’homme tranquille » ou « Le soleil brille pour tout le monde ». Faire de Rogers un médecin de campagne dévoué qui fréquente une veuve au mépris des qu’en dira-t-on, était effectivement propice à encenser les hommes de bien férus de plaisirs simples, et de persifler les esprits étriqués, mercantiles et médisants. Dans toute l’œuvre de Ford on retrouve ce regard compatissant envers les hommes généreux auxquels on pardonne toutes les faiblesses (Rogers en est l’incarnation), et celui critique envers les commères, les hommes établis, les aigris qui forment une frange bien pensante et sage de la population, mais qui n’en sont par moins à l’origine de tous les maux. Et comme s’il ne voulait pas faire lui-même le jeu des gens qu’il critique, c’est toujours sans haine et avec beaucoup de facétie et de sensibilité que Ford traite ces sujets.

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