DODSWORTH

DODSWORTH

DODSWORTH

Une comédie dramatique de William Wyler

101  mn

Avec Walter Huston, Ruth Chatterton, Paul Lukas, Mary Astor, David Niven, Gregory Gaye, Maria Ouspenskaya, Spring Byington, John Payne
Scénario de Sidney Howard
D'après Sinclair Lewis
Musique de Alfred Newman
Photo de Rudolph Mate
Produit par Samuel Goldwyn

RESUME
Un homme d'affaire vend son entreprise et emmène sa femme en voyage à travers l'Europe. A Paris, suite à une relation qu'elle a avec un homme, elle demande à son mari, compréhensif, de rentrer en Amérique afin qu'elle profite de la vie…

COMMENTAIRE
Deuxième film réalisé par William Wyler pour le compte de Samuel Goldwyn après « Ils étaient trois », « Dodsworth » met à nouveau en scène un personnage généreux maltraité par un entourage cynique. Alors que dans « Ils étaient trois » on découvrait comment une institutrice dévouée était jetée en pâture à la vindicte populaire par une petite fille manipulatrice, ici c’est un homme amoureux de sa femme qui doit subir les frasques de celle-ci. Dans les deux cas, assez audacieusement, ce sont des relations amoureuses sulfureuses (un triangle amoureux ou une épouse qui collectionne les amants) qui sont à l’origine du drame. Voulant goûter à la vie après avoir dirigé pendant vingt ans une importante usine automobile, un homme aisé entreprend de voyager avec sa femme. Mais celle-ci, plus du premier âge, effrayée par la vieillesse qui la gagne peu à peu, comme pour se rassurer, en profite pour s’abandonner dans des aventures avec des hommes plus jeunes qu’elle. Etonnant dans un cinéma hollywoodien qui évite autant que possible de rapprocher l’institution du mariage à des mœurs « débridés », son mari, par amour, accepte la situation… Interprété par un Walter Huston imposant, ce mari n’en demeure pas moins un cocu magnifique pour lequel on ressent de l’empathie. Sa dignité, son abnégation, alliées à l’amour qu’il continue d’entretenir pour sa femme sont déclinés avec une acuité attribuable à Wyler. Sophistiqué comme toujours, la mise en scène parvient à marier ce jeu juste des acteurs tout en effectuant un important travail sur la composition de l’image, le plus remarquable étant l’exploitation de la profondeur de champ. Regorgeant de plans, où objets comme personnages sont placés à différentes distances de la caméra, le film devient une symphonie de ce type d’exploitation du cadre. (Véritable marque de fabrique chez Wyler, il y a tout lieu de croire qu’il en est le véritable instigateur puisque Gregg Toland, son habituel chef opérateur auquel on aurait pu en attribuer le mérite, n’est pas présent sur ce projet).

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