LE DROIT D'AIMER

LE DROIT D'AIMER

THE SINGLE STANDARD

Une comédie dramatique de John Stuart Robertson

71  mn

Avec Greta Garbo, Nils Asther, John Mack Brown, Dorothy Sebastian, Lane Chandler, Mahlon Hamilton, Kathlyn Williams, Zeffie Tilbury
Scénario de Josephine Lovette
D'après Adela Rogers St. Johns
Musique de William Axt
Photo de Oliver T. Marsh

RESUME
Alors qu’elle se promène sous la pluie, mélancolique, une femme pénètre dans une galerie d'art et tombe sous le charme d'un artiste peintre qui s'amuse au milieu de ses admirateurs. Ils ne tarderont pas à s'éprendre l'un de l'autre.

COMMENTAIRE
Epurée, presque stylisée, cette passion amoureuse ne s’encombre d’aucune fioriture et se concentre sur l’essentiel, les relations passionnelles. Peu de choses transparaissent de la vie des trois personnages qui forment un trio amoureux au centre de l'histoire. On déduit du cadre où ils évoluent, que la jeune femme et son futur mari font partie de la haute société, mais ce sont bien les seuls éléments de leur existence à être dévoilés. La vie de l’amant incarné par Nils Asther est moins obscure, mais sa vocation épique (boxeur, artiste, il passe sa vie à sillonner le monde sur son yacht) lui confère un creuset passionnel. Cette façon de traiter une histoire d’amour dans ce qu’elle a de plus fondamental - une constante du cinéma muet qui par sa nature devient moins attachant quand il s'embarrasse de trop de détails secondaires - apporte une dimension surréaliste et poétique fascinante. La plus grande partie du film affiche des scènes où deux êtres s’aiment puis se déchirent ; l’intrigue elle-même, d’une simplicité incroyable, évolue sous forme d’ellipses fulgurantes (le plan d’une mère prenant son enfant dans les bras suit celui d’un homme qui propose le mariage à cette même femme) témoignant du peu d’importance donné à tout ce qui ne concerne pas directement la passion qui lie deux êtres. Cette passion ici est celle que se vouent une jeune femme oisive et désenchantée et un bel aventurier qui choisit de rompre avec elle pour ne pas la rendre malheureuse. Greta Garbo y est prodigieuse de charme et c’est bien cette présence qui transcende ce récit aussi beau que banal. Rêveuse, solitaire, ayant les apparences d’une étudiante puis d’une mère de famille, Garbo ne joue pas les maîtresses sophistiquées qu’on a l’habitude de lui voir camper. Malgré son origine sociale favorisée elle demeure accessible et simple - elle porte symboliquement des chaussures dépourvues de talons. Le film s’ouvre sur des hommes mariés qui embrassent leur maîtresse sous l’œil mi-surpris mi-amusé de l’héroïne. Suit un drame : cette même nuit elle flirte avec un chauffeur qui se suicide ensuite à l’annonce de son renvoi par un employeur jaloux. Ces événements conditionnent l’esprit du film et le sens que prend le mot « amour » chez cette jeune femme. Prévenue qu’il ne conduit qu’aux désillusions, elle n’en est pas moins à sa recherche. Le grand amour qu’elle trouvera devra finalement céder la place à une relation moins passionnelle, deux liaisons qui permettent de découvrir une Garbo aussi attachante dans un rôle de mère de famille que d’amante éplorée.

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