EMPLOYEE'S ENTRANCE

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EMPLOYEE'S ENTRANCE

Un drame de Roy Del Ruth

75  mn

Avec Warren William, Loretta Young, Wallace Ford, Alice White, Allen Jenkins, Hale Hamilton, Albert Gran, Marjorie Gateson, Ruth Donnelly, Frank Reicher, Charles Sellon
Scénario de Robert Presnell
D'après David Boehm
Musique de Leo F. Forbstein
Photo de Barney McGill
Produit par Lucien Hubbard

RESUME
Le chiffre d'affaire d'un grand magasin ne cesse d'augmenter. Cette progression est due au directeur, un homme impitoyable qui dirige l'entreprise d'une main de fer. Lors d'une réunion d'actionnaires il demande une importante augmentation qu'il obtient.

COMMENTAIRE
Un fabricant de vêtements informe le directeur d’un grand magasin qu’il ne pourra livrer à temps l’importante commande qu’il lui a promise. Le directeur annule alors la commande au grand désespoir du fabricant qui a investi toute sa fortune pour honorer son client. Le chantage au suicide n’y fait rien, le directeur ne revient pas sur sa décision. Quelque temps plus tard, celui-ci rencontre au détour d’un rayon de son magasin un employé qui n’est autre que le fabricant qui, ayant fait faillite, entretient une haine tenace à son encontre et lui promet de devenir un jour un redoutable concurrent. Considérant qu’il a maintenant toutes les qualités pour devenir un excellent chef d’entreprise, le directeur décide de lui offrir les moyens de créer sa société, mais l’employé, par fierté, refuse. Le directeur le nomme alors chef de rayon, ce que l’autre ne peut refuser… Cet échange résume à lui seul la mentalité du personnage principal incarné par Warren William qui considère comme des valeurs absolues l’esprit d’entreprise et la réussite. Rarement dans un film, la croissance d’une entreprise ne sera passée à ce point avant la morale et l’humanité : on ne fait pas grand cas des hommes qu'on licencie sans scrupule dès qu’ils n’apportent plus satisfaction, un système qui conduit trois personnes au suicide. On ne peut être que perplexe devant un message d’une telle dureté. Car cet esprit libéral, dont l’outrance est tellement dérangeante qu’elle touche à la provocation, semble être soutenu par les auteurs, peut-être encouragés eux-mêmes par une production qui a pu parfaitement s’identifier dans ce directeur impitoyable. D’ailleurs, pouvant refléter les rapports entre la production hollywoodienne et la présidence new-yorkaise, ici, les actionnaires et le président - qui assure le lien entre ces derniers et la direction - sont perçus comme des parasites et des incapables.

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