L' ENFER EST À LUI

L' ENFER EST À LUI

WHITE HEAT

Un film noir de Raoul Walsh

105  mn

Avec James Cagney, Virginia Mayo, Edmond O'Brien, Margaret Wycherly, Steve Cochran, John Archer, Wally Cassel, Fred Clark
Scénario de Ivan Goff, Ben Roberts
D'après Virginia Kellogg
Musique de Max Steiner
Photo de Sidney Hickox
Produit par Louis Edelman

RESUME
Un gangster psychopathe mène un casse sanglant. Poursuivi par la police, il se rend après s'être fait passer pour le responsable d'un petit hold-up qui a eu lieu en même temps. Emprisonné pour deux ans, il se lie avec un flic infiltré pour le confondre.

COMMENTAIRE
La même année, deux chef-d’œuvres de Raoul Walsh sortent sur les écrans : « La fille du désert » et « L’enfer est à lui ». Ils vont marquer durablement leur genre respectif, le western et le film noir. Si Walsh n’est pas responsable à lui seul de toute l’alchimie de ces films, il en est pour le moins le catalyseur. A la base, l’histoire de « L’enfer est à lui » renferme un personnage fascinant dont le comportement névrotique s’explique par les rapports ambiguës qu’il entretient avec une mère déséquilibrée tout autant que lui. Ajouté à cela, James Cagney possède toutes les qualités pour en faire une interprétation convaincante à rapprocher de sa prestation de « L’ennemi public ». Mais cela reste insuffisant au regard du résultat final. Fallait-il encore savoir comment et où appuyer le trait afin que les aspects intéressants de l’histoire ressortent. Sachant particuièrement bien raconter une histoire, Walsh met l’accent sur la violence, sur le rapport oedipien entre ce fils et sa mère, sur les crises d’épilepsie, sur une volonté de conquérir le monde, autant de signes qui sont les symptômes de perturbation psychique dont l’origine est familiale. Il imagine la scène où la mère prend son fils sur ses genoux, la scène où Cagney fait une crise de nerf lorsqu’il apprend la mort de sa mère ou encore la magistrale scène finale où il est sur le « toit du monde ». Toutes ces séquences atypiques forment une ossature solide sur laquelle vont solidement s’agencer les éléments de la dramaturgie. Le thème du gangster violent et sentimentalement perturbé n’est pas nouveau : dans « Scarface », Paul Muni entretenait déjà des rapports curieux avec sa sœur.

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