L' ENNEMI PUBLIC

L' ENNEMI PUBLIC

THE PUBLIC ENEMY

Un policier de William A. Wellman

84  mn

Avec James Cagney, Jean Harlow, Eddie Woods, Joan Blondell, Donald Cook, Leslie Fenton, Beryl Mercer, Robert Emmet O'Connor, Murray Kinnell, Mae Clarke
Scénario de Harvey Thew
D'après Kubec Glasmon, John Bright
Musique de David Mendoza
Photo de Dev Jennings
Produit par Darryl Francis Zanuck

RESUME
Deux jeunes garçons font les quatre cent coups. Ils vendent à un receleur, pour quelques pièces, des objets volés. Avec le temps les coups sont de plus en plus gros. Un jour, lors d'un vol de fourrure, deux hommes sont tués. Puis vient la prohibition.

COMMENTAIRE
Après trois films dans lesquels il n’a joué que des rôles secondaires, James Cagney accède au vedettariat. « L’ennemi public » fera de lui l’icône du mauvais garçon hargneux, arrogant et crâneur, toujours prêt à faire un mauvais coup. Au grand dam des autorités qui demandent à ce qu’un panneau dénonçant la délinquance soit placé au début du film, il n’en est pas devenu pour autant un méchant comme Edward G. Robinson - qui remporte un succès comparable au même moment pour « Le petit César ». La scène mythique où il écrase violemment un pamplemousse sur le visage de Mae Clarke aurait dû à jamais en faire un être odieux. Le rictus sadique qui accompagne ce geste, ainsi que son côté impulsif et gratuit qui fait la synthèse de la dimension affligeante du personnage, avait tout pour y parvenir. Mais cela n’y suffit pas, car il émane malgré tout de Cagney une sympathie - inexistante chez Robinson. Sa jeunesse, son côté frondeur, sa gouaille, son impertinence, son insouciance viennent contrebalancer l’antipathie qu’on tente de lui insuffler. En pleine crise économique, alors que la population est désabusée, le spectateur s’identifie certainement plus à ce personnage débrouillard qu’à son frère, porteur de valeurs morales qui n’ont pas empêché le désastre. Ainsi dans ce cadre, sans un certain cynisme, Cagney fait peut-être davantage figure de rebelle que de « criminel ». Le véritable instigateur de tout cela est à n’en pas douter William Wellman. Ce n’est pas innocemment qu’il donne le rôle à Cagney qu’il vient de diriger dans « Other Men’s Women » et dont il connaît parfaitement le jeu ! (Déjà homme de main dans « Au seuil de l’enfer », l’acteur n’avait pu passer pour totalement vil). Wellman, qui réalisera dans les années à venir toute une série de films à forte connotation sociale - malgré des convictions républicaines ! -, ne pouvait condamner totalement des hommes qui s’opposent à leur manière au système de l’incompétent président Hoover. Si le personnage n’a aucune circonstance atténuante, en revanche il a des valeurs et une dimension tragique qui lui apportent une humanité. Ne va-t-il pas jusqu’au sacrifice de soi pour venger la mort de son ami ? On notera également que le règlement de compte qui accompagne cette vengeance, comme tous les crimes commis par Cagney, sont filmés hors champ. Par ce moyen, Wellman adoucit l’aspect violent du personnage, une autre manière pour lui de ne pas totalement l’accabler.

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