L' ENTRAÎNEUSE FATALE

L' ENTRAÎNEUSE FATALE

MANPOWER

Un drame de Raoul Walsh

99  mn

Avec Edward G. Robinson, Marlene Dietrich, George Raft, Alan Hale, Frank McHugh, Eve Arden, Barton McLane, Ward Bond, Walter Catlett, Joyce Compton, Egon Brecher, Cliff Clark, Joseph Crehan, Ben Welden
Scénario de Richard Macaulay, Jerry Wald
D'après Fred Niblo Jr.
Musique de Adolph Deutsch
Photo de Ernest Haller
Produit par Hal B. Wallis, Mark Hellinger

RESUME
Le chef d'une équipe de réparateurs de lignes à haute tension a la pénible charge d'annoncer à la fille d'un de ses gars le décès accidentel de son père. Il rencontrera une jolie femme qui, plus tard, par opportunité, épousera ce chef dépourvu de charme.

COMMENTAIRE
Comme dans « Une femme dangereuse », la présence de George Raft décrédibilise quelque peu le propos. Reprenant l’idée des deux amis en prises avec une femme fatale, ces deux films réalisés par Raoul Walsh à un an d’intervalle, présentent un Raft harcelé par de jolies femmes, interprétées successivement par Ida Lupino et Marlene Dietrich, alors que son physique, loin du mâle irrésistible, est plutôt quelconque. Plus perturbant encore que Lupino, Dietrich, qu’on a plus l’habitude de voir aux côtés de grandes vedettes masculines, forme avec Raft un couple sans glamour. En revanche, Edward G. Robinson, dans le registre du mari crédule et abusé, retrouve un rôle qui lui colle à la peau et dans lequel il excelle. On se souvient en particulier du « Harpon rouge » sorti en 1932, où il interprète un patron pêcheur marié à une femme trop belle pour lui. « L’entraîneuse fatale » a d’ailleurs tous les aspects d’un remake, tant les deux personnages et leurs destins semblent identiques. (En 1945, dans « La rue rouge », version américaine de « La chienne » de Renoir, Robinson incarnera encore ce type de rôle de façon mémorable). Finalement, que ce soit « Une femme dangereuse » ou « Le harpon rouge », toutes ces références passées vers lesquelles le scénario de « L’entraîneuse fatale » lorgne avec insistance, donne au film une impression de déjà vu. On a bien ce milieu des lignards peu exploité au cinéma, qui alimente naturellement l’histoire en action et en drame, mais cela ne suffit pas à faire oublier le manque d’originalité de l’intrigue générale, même si celle-ci est agrémentée de nombreux passages légers et truculents qui tranchent avec la tragédie qui se prépare. En effet, encouragée par un Walsh qui semble avoir pris plaisir à tourner ces scènes, la blague potache dont le personnage incarné par Alan Hale est souvent à l’origine, et les railleries grivoises dont le chef d’équipe au physique ingrat fait les frais, ne tarissent jamais et forment la principale originalité du film. Cet aspect est encore stimulé par un montage rapide, des répliques tranchantes - dont les mots sont souvent empruntés au vocable des électriciens -, et l’esprit d’équipe qui soude ces hommes défiant continuellement le danger. Notons enfin ces scènes d’actions, nombreuses, qui ont toutes pour particularité de se dérouler sous une pluie battante.

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