L' ESCLAVE AUX MAINS D'OR

L' ESCLAVE AUX MAINS D'OR

GOLDEN BOY

Un drame de Rouben Mamoulian

96  mn

Avec Barbara Stanwyck, Adolphe Menjou, William Holden, Lee J. Cobb, Joseph Calleia, Sam Levene, Edward Brophy, Don Beddoe
Scénario de Daniel Taradash, Sarah Y. Mason, Victor Heerman, Lewis Meltzer
D'après Clifford Odets
Musique de Victor Young
Photo de Karl Freund, Nicholas Musuraca
Produit par William Perlberg

RESUME
Un jeune boxeur harcèle un manager dont le poulain vient de se blesser, afin qu'il combatte à la place de ce dernier. Le manager finira par accepter et le jeune gagnera au grand dam de son père qui voulait faire de lui un violoniste.

COMMENTAIRE
Au regard de ce que le film laisse espérer, on ne peut être que déçu. Les causes de cette déception ne sont néanmoins pas clairement définissables. Les espoirs qu’on place dans ce film, la présence de Barbara Stanwyck, d’Adolphe Menjou de William Holden - dans sa première prestation au cinéma -, la direction de Rouben Mamoulian, l’histoire de Clifford Odets sont comblés sans aucun doute. Il y a bien Lee J. Cobb qui cabotine désagréablement et un scénario quelque peu bavard, mais cela ne suffit pas à expliquer l’impression d’ennui et le manque de crédibilité qui imprègnent le film. Petite firme dépourvue de grandes stars en 1939 - si l’on exclut Franck Capra ! -, la Columbia doit faire appel aux autres studios lorsqu’elle souhaite produire une œuvre de prestige comme celle-ci. (C'est ainsi que la plupart des artistes qui participent à « L’esclave aux mains d’or » apparaissent pour la première fois au générique d’une production Colombia). Ne possédant pas pour autant l’infrastructure et l’organisation d’un major, offrant probablement un cadre plus artisanal - et donc déstabilisant - aux créateurs qui viennent occasionnellement travailler pour lui, n’ayant de tout évidence pas les mêmes moyens, le studio d’Harry Cohn produit des films de prestige possédant toujours un côté fauché. C’est ainsi qu’hormis quelques scènes filmées dans la rue au début du film et le combat de boxe à la fin, les décors sont toujours étriqués en plus d’être peu nombreux - ce qui a pour effet d’augmenter l’impression de théâtre filmé. A ce manque d’ambition visuelle s’ajoute un flagrant manque de rythme dû certainement au perpétuel souci de privilégier le dialogue - assuré par de grandes stars -, à l’image qui n’a rien à offrir. Finalement, le travail de Mamoulian dans lequel on était en droit d’espérer beaucoup est imperceptible. Les curiosités formelles qui caractérisaient ses premiers films sont certes absentes ici (même au risque de paraître inopportunes, elles auraient tout de même ajouté un peu de relief à l’ensemble !), mais c’est surtout le faste, l’harmonie nés d’un travail appliqué et la mise en scène imaginative de films comme « La reine Christine », « La cantique des cantiques » et « Arènes sanglantes » qui manquent cruellement ici.

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