ET LA PAROLE FUT

ET LA PAROLE FUT

THE STORY OF ALEXANDER GRAHAM BELL

Un film biographique de Irving Cummings

95  mn

Avec Don Ameche, Loretta Young, Henry Fonda, Charles Coburn, Gene Lockhart, Spring Byington, Sally Blane, Polly Ann Young, Bob Watson, Russell Hicks, Paul Stanton, Jonathan Hale, Harry Davenport, Beryl Mercer, Elisabeth Patterson, Charles Trowbridge, Jan Duggan
Scénario de Lamar Trotti
D'après Ray Harris
Musique de Louis Silvers
Photo de Leon Shamroy
Produit par Darryl Francis Zanuck

RESUME
Un jeune homme un peu fantasque cherche à améliorer la vie des sourds-muets. Il s'occupe en particulier d'un petit garçon privé de l'ouïe avant de s'éprendre d'une malentendante et d'entreprendre des recherches sur un appareil faisant transiter les sons.

COMMENTAIRE
Avec des films comme « La vie de Louis Pasteur » et « La vie d’Emile Zola », la Warner avait lancé quelques années auparavant la mode des intrigues tirées de la biographie de personnages illustres. S’inscrivant dans ce courant, toujours encline à rechercher dans les pages de l’histoire américaine les sujets de ses productions, la Fox porte tout naturellement son attention sur cette première grande figure créatrice de l’Amérique qu’est l’inventeur du téléphone. Matérialisant l’importance que revêt le film pour les producteurs, son élaboration est confiée à des piliers du studio : Irving Cummings pour la réalisation, Lamar Trotti pour le scénario, et Don Ameche pour l’interprétation du personnage principal. Il faut bien dire qu’excepté Trotti, cette galerie n’est pas particulièrement engageante, traduisant en fait les carences du studio en artistes charismatiques. Ajoutons que lorsqu’elle possède des acteurs de valeur, la Fox, et derrière elle Darryl Francis Zanuck - connu pour avoir plus de facilité à reconnaître un bon scénario qu’un acteur à succès ! -, ne leur accorde pas toujours la place qu’ils méritent, comme on le constate ici avec Henry Fonda cantonné dans un rôle secondaire. Il est effectivement évident que si Fonda avait assuré le rôle principal, l’ensemble aurait été plus attrayant. Ainsi, ajouté au fait qu’Ameche campe un bien pâle Alexandre Bell, la mise en scène de Cummings est routinière, en particulier lorsqu’il s’agit de rendre la passion qui anime l’inventeur et que Trotti rend avec intelligence. Le scénario est parfaitement équilibré dans ses différents aspects (relations sentimentales, balbutiements des recherches et reconnaissance de la découverte), mais semble avoir été amputé de parties qui ôtent aux personnages secondaires leur véritable dimension. Le plus frappant est l’associé de Bell interprété par Fonda. Il apparaît subitement au cours du film, disparaît tout aussi subitement, réapparaît furtivement à la fin, un traitement digne d’un vulgaire homme de main ce qu’il n’est apparemment pas. Ceci étant, le film reste de bonne facture et ne démérite pas comparé aux autres qui encombrent le genre. Gageons d’ailleurs qu’il soit avec la « Reine des rebelles » l’un des meilleurs films de Cummings.

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