UNE ÉTOILE EST NÉE

UNE ÉTOILE EST NÉE

A STAR IS BORN

Un drame de William A. Wellman

111  mn

Avec Janet Gaynor, Fredric March, Adolphe Menjou, May Robson, Andy Devine, Lionel Stander, Owen Moore, Peggy Wood, Edgar Kennedy, J. C. Nugent, Guinn Williams
Scénario de Dorothy Parker, Alan Campbell, Robert Carson
D'après William A. Wellman, Robert Carson
Musique de Max Steiner
Photo de W. Howard Greene
Produit par David O. Selznick

RESUME
@H.Encouragée par sa grand mère, une jeune provinciale part pour Hollywood où elle rêve de devenir une star. Alors que les débuts sont difficiles, elle rencontre un acteur alcoolique sur le déclin qui s'éprend d'elle et lui donne sa chance.

COMMENTAIRE
C'est certainement de soi qu’on parle le mieux et avec le plus de plaisir. Le sujet est si familier qu’on peut en discourir avec assurance, dévoiler des choses nouvelles et pertinentes sans craindre de se tromper, mais également évoquer des éléments qui tiennent à coeur. Même si le film semble inspiré de « What Price Hollywood ? » tourné en 1932 par George Cukor, on peut croire que c’est parce qu’il connaît cet univers que William A. Wellman se plaît à écrire, une fois n’est pas coutume, cette histoire qui se situe à Hollywood. (De même, ce n’est pas par hasard si c’est à l’occasion de « Lafayette Escadrille », film autobiographique qui relate son expérience de pilote de chasse durant la Première Guerre mondiale, qu’il s’essayera une nouvelle fois à cet exercice). Loin de renouer avec l’esprit complaisant de la plupart des films qui s’intéressent à la Mecque du cinéma, Wellman dévoile un monde cruel marqué par des déclins aussi fulgurants que les succès dont ils sont issus. Son réalisme et sa noirceur sont inaccoutumés dans un film évoquant Hollywood. La déchéance et l’alcoolisme qui touche l’acteur incarné par Fredric March est symptomatique de ces artistes au destin tragique que l’histoire décèle derrière ce voile pudique qu’Hollywood a toujours négligemment jeté sur eux. Certains détails ne trompent pas. Cet homme qui se bat contre ses démons intérieurs, qui se fait arrêter en état d’ébriété, qui se saborde en créant des esclandres dans des lieux publics, possède tout le tragique de situations vécues. On peut imaginer que c’est ce témoignage réaliste qui séduisit les membres de l’académie, permettant à Wellman de remporter l’Oscar pour son histoire, le seul Oscar qu’il aura jamais. Car l’intrigue de ce récit demeure relativement banale et il est difficile d’y déceler une autre originalité. Suivant le plan de nombreux autres films, une jeune femme (Janet Gaynor) rêve de conquérir Hollywood et devient effectivement une immense vedette après avoir rencontré quelques déboires. C’est bien son ascension associée à la chute de son mécène (rappelant le destin de Marlene Dietrich et de Joseph Von Sternberg, de Greta Garbo et de Mauritz Stiller, faisant certainement référence à celui de Marshall Neilan et de John Barrymore) qui constitue en effet le principal intérêt de l’intrigue. Cependant, si dans son ensemble le discours est plutôt noir, le traitement n’en demeure pas moins le plus souvent léger. Gaynor ne sombre jamais dans le désespoir ; en présence d’Andy Devine et d’Adolphe Menjou elle serait même plutôt d’un tempérament enjoué. « Une étoile est née » est le deuxième film en Technicolor que produit David O. Selznick après le « Jardin d’Allah ». Comme « La joyeuse suicidé » qui suivra, également réalisé par Wellman et produit par Selznick, le film, en grande partie dépourvu d’extérieur et d’intérieurs véritablement captivants, ne nécessitait pas l’utilisation de cette technologie encore rare et onéreuse. Propre à Selznick, cet aspect ostentatoire, qui apporte peu ici, verra sa consécration deux ans plus tard avec « Autant en emporte le vent ». Enfin, chose curieuse, offrant un autre aspect de l’envers du décor, le film s’ouvre en présentant la première page du scénario, puis se referme en présentant la dernière.

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