ÂMES À LA MER

ÂMES À LA MER

SOULS AT SEA

Un film d'aventures de Henry Hathaway

89  mn

Avec Gary Cooper, George Raft, Frances Dee, Henry Wilcoxon, Harry Carey, Olympe Bradna, Robert Cummings, Porter Hall, George Zucco, Virginia Weidler, Joseph Schildkraut
Scénario de Grover Jones, Dale Van Every
D'après Ted Lesser
Musique de W. Frank Harling, Milan Roder
Photo de Charles B. Lang Jr., Merritt B. Gerstad
Produit par William LeBaron

RESUME
Au 19ème siècle, un marin passe en cour martiale pour avoir abattu au cours d'un naufrage - alors qu'il était en mission pour infiltrer des réseaux esclavagistes - des rescapés qui tentaient de se hisser dans la chaloupe bondée où il avait pris place.

COMMENTAIRE
A la recherche d’un succès comparable à celui des « Révoltés du Bounty » produit deux ans auparavant par la MGM, la Paramount investit beaucoup dans cette autre histoire tirée des annales de la marine marchande britannique. Ce film qui sera certainement le plus onéreux du studio cette année-là, présente en effet des plans superbes, une scène de naufrage exceptionnelle et un générique des plus attrayants. Mais même ajouté à une intrigue romanesque intéressante, tout ceci ne suffit pas à faire un grand film. Si on le compare au chef-d’œuvre qu’est « Les révoltés du Bounty », on comprend qu’au moins un élément important fait la différence : la présence d’un méchant de la trempe d’un Charles Laughton. Dans « Âmes à la mer », l’incarnation du mal est un Henry Wilcoxon peu convainquant, plus dramatique encore, aucun acteur n’a l’ascendant suffisant pour mettre en valeur Gary Cooper qui reste absent : George Raft, le compagnon d’infortune, est ridicule, tandis que Frances Dee, l’amoureuse, est inexistante. Le résultat est une œuvre fade qui nous emporte difficilement. Ainsi, la réhabilitation du héros, qui contient intrinsèquement un fort contenu émotionnel, tombe à plat. Nous sommes loin par exemple de l’émotion ressentie dans « Les trois lanciers du Bengale », ce chef-d’œuvre de Henry Hathaway où Cooper est superbement mis en valeur par Francho Tone et Richard Cromwell. Chose suffisamment exceptionnelle dans le cinéma des années trente pour être évoquée, le film fait référence à la traite des noirs, un chapitre douloureux de l’histoire de l’Amérique. C’est peut-être la seule et unique fois que le Hollywood réactionnaire de cette époque montre des hommes de couleur enchaînés à fond de cale. Les faits historiques relatés ici l’exigeant, les auteurs tournent le couteau dans la plaie en insistant sur le fait que ces esclaves sont exploités par l’Amérique ; le héros demeure toutefois antiesclavagiste.

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