L' EXTRAVAGANT M. DEEDS

L' EXTRAVAGANT M. DEEDS

MR. DEEDS GOES TO TOWN

Une comédie de Frank Capra

115  mn

Avec Gary Cooper, Jean Arthur, George Bancroft, Lionel Stander, Douglas Dumbrille, Raymond Walburn, H. B. Warner, Warren Hymer
Scénario de Robert Riskin
D'après Clarence Budington Kelland
Musique de Howard Jackson
Photo de Joseph Walker
Produit par Frank Capra

RESUME
@R.Deeds, un poète, joueur de tuba à ses heures perdues, hérite d'une fortune suite à la mort accidentelle d'un oncle. Nullement troublé par cette nouvelle, il se rend à New York où son nouvel entourage va tenter d'exploiter sa naïveté.

COMMENTAIRE
Avec « L’extravagant Mr Deeds », Frank Capra entame une série de quatre films, (les autres sont « Vous ne l’emportez pas avec vous », « Monsieur Smith au sénat » et « L’homme de la rue ») à la thématique comparable dépassant le simple cadre de la comédie : des individus animés de bonnes volontés et à la recherche d’un bonheur simple, sont confrontés à un milieu hostile mu par l’enrichissement personnel et le mercantilisme. En 1936, nous sommes en plein New Deal, Roosevelt est réélu, et répand l’idée que la crise serait due aux industriels qui se refusent à investir pour relancer la « pompe » économique. C’est avec cette conception des choses en toile de fond que Capra compose sa tétralogie, sans doute les quatre œuvres les plus symptomatiques de sa carrière. Deeds, incarné par Gary Cooper dont le tempérament correspond on ne peut mieux à son rôle, est un personnages rêveur, désintéressé et à l’écoute de la misère du monde. Capra le cherche dans les milieux modestes, et, en le faisant bénéficier d’un gros héritage, lui attribue d’un coup un pouvoir important qu'il va utiliser de façon altruiste à l’instar des hommes d’affaires installés. Ces derniers, pensant d’abord avoir affaire à un naïf facilement manipulable, ne s’inquiètent pas, mais lorsque Deeds s’avère incontrôlable, ils craignent pour leurs intérêts et tentent de le briser. Nous sommes tout entier dans cette vision, presque démagogique et en tout cas simpliste, où l’homme venu du peuple, parce qu’il n’est pas perverti par l’argent et se laisse conduire par des valeurs simples, prendrait, s’il en avait les moyens, des décisions qui amélioreraient la condition de la collectivité. Autre vision, paranoïaque celle-ci, cet homme providentiel serait immanquablement la cible d’attaques rangées de la part des classes dirigeantes qui verraient en lui une atteinte à leur privilège. Ce film plein de bonnes intentions atteint immanquablement les limites des réponses qu’il aurait voulu apporter au problème de la crise : Capra se garde bien, par exemple, de développer plus avant le principe « Deedsien » de la dilapidation des richesses pour encourager l’esprit d’entreprise des chômeurs ; une idée qui fait la synthèse des idées républicaines et démocrates.

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