LES FANTASTIQUES ANNÉES 20

LES FANTASTIQUES ANNÉES 20

THE ROARING TWENTIES

Un suspense de Raoul Walsh

104  mn

Avec James Cagney, Priscilla Lane, Humphrey Bogart, Gladys George, Jeffrey Lynn, Frank McHugh, Paul Kelly, Elisabeth Risdon
Scénario de Jerry Ward, Richard Macaulay, Robert Rossen
D'après Mark Hellinger
Musique de Heinz Roemheld
Photo de Ernest Haller
Produit par Hal B. Wallis, Mark Hellinger

RESUME
Après la Grande Guerre, un soldat démobilisé tente de se réinsérer dans la vie civile. Ne trouvant pas de situation stable, il va profiter de la prohibition pour faire fortune. D'abord simple coursier, il va devenir un bootlegger ambitieux.

COMMENTAIRE
« Les fantastiques années 20 » est le premier film que Raoul Walsh tourne à la Warner. Après vingt cinq ans de carrière, plus de vingt films parlants et une multitude de films muets il trouve enfin le studio qui va le révéler. Jusque là, il avait été un bon artisan sans toutefois présenter une filmographie exceptionnelle. C'est bien à partir des « Fantastiques années vingt » qu'il alignera une série impressionnante de chef-d’œuvres. Sur les vingt neuf films qu’il réalisera par la suite pour le studio, rares seront les films moyens. La plupart seront d’inoubliables moments de cinéma. Pour expliquer cette révélation subite, on peut penser qu’il trouva à la Warner des méthodes de travail, un style et une facture qui lui correspondaient parfaitement. Il faut dire aussi qu’il y dirigea James Cagney, Errol Flynn et Humphrey Bogart, les « mauvais garçons » du moment, desquels il extrait ce qu’il semble avoir été lui-même : un espèce de romantique dissimulant maladroitement sa vulnérabilité derrière un tempérament faussement subversif. Car hormis les méthodes de narration dans le style documentaire et le montage nerveux sans temps mort agrémenté d’ellipses parfaites, c’est bien l’aspect tourmenté du personnage interprété par Cagney qui fait de cette entrée à la Warner une première réussite. Comme dans « L’enfer est à lui », comme Bogart dans « La grande évasion », Cagney ne se fait pas tuer par accident, mais se suicide. Il semble rechercher la mort après avoir pris conscience que sa quête mafieuse - qu’un destin défavorable l’a poussée à entreprendre - ne lui permettra pas d’accéder au bonheur. Faisant partie de la génération perdue, il est suicidaire par nature. Il passe ainsi à côté de l’essentiel : la fille qu’il aime et pour laquelle il ressent de l’affection, lui préfère un autre, moins turbulent. En définitif, il ne gardera à ses côtés qu’une amie venue du même monde que lui. Et c’est elle qui le serrera dans ses bras lorsque sur le parvis d’une église - lieu de rédemption s’il en est -, il s’écroulera criblé de balles : une fin superbe.

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