LA FEMME AUX CHEVEUX ROUGES

LA FEMME AUX CHEVEUX ROUGES

RED-HEADED WOMAN

Une comédie de mœurs de Jack Conway

76  mn

Avec Jean Harlow, Chester Morris, Lewis Stone, Leila Hyams, Una Merkel, Henry Stephenson, May Robson, Charles Boyer
Scénario de Anita Loos
D'après Katharine Brush
Photo de Harold Rosson

RESUME
Malgré tout l’amour qu’il porte à sa femme et après avoir mené un combat sur lui-même pour ne pas succomber aux agressives avances de son ambitieuse secrétaire, le fils d'un industriel finit par demander le divorce pour se marier avec cette dernière.

COMMENTAIRE
Ce premier grand rôle de Jean Harlow donne à voir l’image que l’actrice a fixée dans la mémoire collective. Charnelle, pulpeuse, ambitieuse, un rien vulgaire et colérique, elle affiche un personnage qui dénote dans le paysage hollywoodien de l’époque. Imposée par le sulfureux Howard Hugues, créé avant l’établissement du code Hays, ce personnage excessif, le plus suggestif des objets sexuels que le cinéma des années trente ait engendrés, semble être une réponse à l’hypocrisie d’un cinéma qui assume difficilement ses rapports avec la sexualité. Un tel personnage ne pouvait être qu’amoral. Cependant, comparable à Mae West, elle véhicule une ambiguïté. Car, si elle cristallise tout ce que le puritanisme condamne - et devrait incarner la face sombre du film - elle n’en demeure pas moins une héroïne attachante. Son comportement est condamnable mais un regard compatissant et malicieux la soutient autant que possible. Pour accéder à un statut social, elle harcèle un homme marié et court après les plus offrants sans pour autant négliger son plaisir en entretenant des rapports avec un beau chauffeur - incarné par un Charles Boyer encore au début d’une prestigieuse carrière américaine. Ce comportement licencieux qui représente d’après « la morale » ce qu’il y a de plus condamnable chez la femme, ne nous empêche pas de ressentir de la mansuétude à son égard lorsqu’elle se sent rejeter par le milieu huppé auquel elle a accédé, ou lorsque les gens de ce monde se rendent chez l’ex-femme de son mari pour la dénigrer. De la même manière, l’image finale, ironique, loin de condamner la moralité de cette femme, approuve presque son comportement. Les flottements entre drame et comédie qui émane du film vont de pair avec l’impression partagé que laisse ce personnage. Deux ans plus tard, Harlow retrouvera Jack Conway dans un rôle comparable, « La belle du Missouri ».

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