UNE FEMME DANGEREUSE

UNE FEMME DANGEREUSE

THEY DRIVE BY NIGHT

Un drame de Raoul Walsh

91  mn

Avec George Raft, Ann Sheridan, Ida Lupino, Humphrey Bogart, Gale Page, Alan Hale, Roscoe Karns, John Litel, George Tobias
Scénario de Jerry Wald, Richard Macaulay
D'après A.I. Bezzerides
Musique de Adolph Deutsch
Photo de Arthur Edeson
Produit par Hal B. Wallis

RESUME
Deux frères travaillent à leur compte comme camionneurs lorsqu'ils perdent leur camion dans un accident de la route. Ils trouvent alors un job chez un ami, mais la femme de ce dernier tourne autour de l'un des deux frères qui rejette ses avances.

COMMENTAIRE
Après « Les fantastiques années 20 », Raoul Walsh tourne là son deuxième film pour la Warner où il est maintenant sous contrat. Comme « Les fantastiques années 20 », « Une femme dangereuse » amorce un incontestable tournant dans l’œuvre du cinéaste. Après des années à végéter dans différents studios où il ne se démarque pas vraiment de ses confrères, son arrivée à la Warner va coïncider avec l’émergence de classiques incontournable. Et si « Une femme dangereuse » demeure mineur comparé à des œuvres comme « La grande évasion » ou « La charge fantastique » sortis l’année suivante, cela nous semble surtout dû à la présence de George Raft. En effet, malgré une certaine notoriété, Raft n’aura jamais été qu’un piètre acteur principal de série A. On constate d’ailleurs qu’il n’a jamais assuré le premier rôle d’un grand film comme ont pu le faire un James Cagney, un Edward G. Robinson ou un Humphrey Bogart. C’est d’ailleurs sans surprise qu’il est remplacé par Bogart dans « La grande évasion » et dans « Le faucon maltais » - qui n’auraient certainement pas eu le même succès si Raft avait assuré le rôle principal. (L’histoire du cinéma avance que c’est l’acteur qui refusa de jouer dans ces deux films, mais sommes-nous certains que Walsh et John Huston eussent vraiment souhaité le diriger dans ces deux films ?). Toujours est-il que la présence de Raft ici annihile les qualités du film. Comment croire que la magnifique Ida Lupino s’amourache d’un personnage aussi peu charismatique que celui qu’il incarne ? Il faut dire que Bogart, assez curieusement, dessert également le film. Relégué dans un rôle secondaire, interprétant un personnage sous l’influence d’un frère qui n’inspire pas l’admiration, dépourvu de l’aura romantique qu’il possédera dans son prochain drame et sa première grande performance, « La grande évasion », il est plutôt quelconque. En revanche, Lupino interprète de façon magistrale un rôle de composition paraissant écrit pour Bette Davis, de ces rôles à la fois torturés et romantiques que Walsh semble apprécier particulièrement et avec lesquels il excelle. Alors que des pulsions amoureuses, alliées à un sort malheureux, conduisent cette femme à s’autodétruire et à semer le mal, le cinéaste parvient à lui insuffler une humanité qui nous incite à ressentir de la compassion pour elle. Ce drame bénéficie aussi d’un bon scénario et d’un découpage haletant où se succèdent scènes d’actions impressionnantes (tels que des accidents de camions) et véritables performances d’acteurs (comme celui d’Alan Hale jouant les maris trompés et perpétuellement hilares).

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