LA FILLE DU DÉSERT

LA FILLE DU DÉSERT

COLORADO TERRITORY

Un western de Raoul Walsh

94  mn

Avec Joel McCrea, Virginia Mayo, Dorothy Malone, John Archer, Henry Hull, James Mitchell, Morris Ankrum, Frank Puglia
Scénario de John Twist, Edmund North
D'après William Riley Burnett
Musique de David Buttolph
Photo de Sidney Hickox
Produit par Anthony Veiller

RESUME
Aidé par d'anciens complices, un hors-la-loi s'évade de prison. Sur la route qui le conduit à un repère où deux petits bandits sans envergure et une métisse l'attendent pour préparer le hold-up d'un train, il rencontre une fille dont il s'éprend.

COMMENTAIRE
Après « Les fantastiques années vingt », « la charge fantastique », « L’enfer est à lui » et « La grande évasion », dont il est le remake, « La fille du désert » est une autre tragédie romantique de Raoul Walsh. Elle est peut-être la plus saisissante, car elle a la particularité de se dérouler au milieu de paysages imposants et arides qui traduisent visuellement la sinistre puissance qui pèse sur les protagonistes. La vieille mission abandonnée, l’antique cité indienne, les falaises austères, renvoient une impression de solitude et de désolation qui transcende l’intrigue. Comme dans les films cités plus haut, le héros est emporté vers sa perte par un tourbillon contre lequel il ne peut rien, mais ici, en plus, des décors naturels ajoutent une force mystique. C’est une lente descente en enfer pour le personnage incarné par Joel McCrea. Désabusé, taciturne, il reprend parfois espoir, mais c’est pour mieux sombrer ensuite : alors qu’il pense pouvoir partir avec la fille qu’interprète Dorothy Malone, celle-ci le trahit. De la même manière, lorsqu’il commence à croire à sa nouvelle vie au Mexique, il aperçoit la fumée qui dénonce sa présence à ses poursuivants. Les vautours et le squelette dans la ruine où il se terre sont autant de signes concrets de ce destin qui le guette et le pousse à sa perte. Virginia Mayo, reprenant le rôle d’Ida Lupino dans « La grande évasion », est le contrepoint féminin de ce héros. Comme lui, elle a un passé triste et peu enviable. Comme lui, elle se projette dans un avenir meilleur qui n’arrivera jamais. En marge du monde, subissant un sort comparable, ils finissent par s’aimer alors qu’ils se renvoient l’image d’une condition dont ils cherchent à s’extraire. Pour cette raison, McCrea s’éprend tout d’abord de la fille d’un colon, symbole, entre autre, de l’esprit fondateur de l’Amérique. La trahison de cette fille le conforte dans l’idée qu’il n’accédera jamais à la notabilité et qu’il restera à jamais un fugitif et un bandit. La fin, totalement désenchantée, d’un romantisme flamboyant, est exceptionnelle pour l’époque et va à l’encontre de toutes les règles qui poussent les auteurs à conclure leur histoire par un happy end.

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