LE FILS DU DÉSERT

LE FILS DU DÉSERT

THREE GODFATHERS

Un western de John Ford

106  mn

Avec John Wayne, Pedro Armendariz, Harry Carey jr, Ward Bond, Ben Johnson, Mae Marsh, Mildred Natwick, Jane Darwell
Scénario de Frank S. Nugent, Laurence Stallings
D'après Peter B. Kyne
Musique de Richard Hageman
Photo de Winton C. Hoch
Produit par John Ford, Merian C. Cooper

RESUME
Après avoir pillé une banque, trois hors-la-loi s'enfuient dans le désert où ils sont poursuivis par un shérif et ses hommes. Sans eau ni vivres, les trois hommes rencontrent une mère agonisante qui accouche d'un bébé dont ils vont prendre soin.

COMMENTAIRE
Deuxième film en couleur de John Ford, « Le fils du désert » est esthétiquement splendide comme la dizaine de productions sorties en technicolor la même année à la MGM - des productions qui sont cependant souvent tournées en studio et non en extérieur au milieu de paysages désertiques magnifiques comme ici. Le chef opérateur, Winton Hoch, confirmera son talent dans deux autres réalisations de Ford, « la charge héroïque » et la « La prisonnière du désert », à la photographie tout aussi saisissante. Remake d’une version de 1936, « Three Godfathers » réalisé par Richard Boleslavsky (remake lui-même de deux autres films), cette nouvelle mouture a fait l’objet de nombreux remaniements. Son intrigue est plus étoffée, on y a ajouté par exemple la poursuite du shérif et de ses adjoints, ainsi que les métaphores bibliques. Mais les modifications les plus intéressantes se situent dans le traitement des personnages et dans leurs relations. Ford, aidé de Frank Nugent et Laurence Stallings - ce sont les auteurs attitrés et de proches collaborateurs du réalisateur - revisitent profondément cet aspect de l’original pour composer selon ses aspirations. En comparant les deux versions on saisi mieux ce qui fait la spécificité du groupe d’individus vu à travers le prisme fordien. Tous les protagonistes sont sympathiques dès leur entrée en scène (alors que Chester Morris, tenant le rôle de John Wayne dans la version de 1936, est un personnage qui évolue au cours du film), ils s’entendent entre eux, ils œuvrent dans le même but, et comme toujours chez Ford, ils sont dépourvus de toute méchanceté. Ces traits, appuyés ici, procurant à l’ensemble une apparence angélique qui fait cependant regretter quelques aspects des précédentes versions.

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