LES FORÇATS DE LA GLOIRE

LES FORÇATS DE LA GLOIRE

THE STORY OF G.I. JOE

Un film de guerre de William A. Wellman

108  mn

Avec Robert Mitchum, Burgess Meredith, Freddie Steele, Wally Cassel
Scénario de Léopold Atlas, Guy Endore, Phil Stevenson
D'après Ernie Pyle
Musique de Ann Ronell, Louis Applebaum
Photo de Russell Metty
Produit par Lester Cowan

RESUME
Durant la campagne d'Italie, des colonnes de transport de troupes rejoignent les zones de combat. Un correspondant de guerre monte à bord d'un camion occupé par de jeunes G.I. qui ignorent encore tout des réalités du terrain.

COMMENTAIRE
En 1945, William A. Wellman réalise deux films de guerre à l’esprit foncièrement différent, tellement différent qu’il est difficile d’imaginer qu’il est à l’origine des deux. Se situant aux extrémités du genre, nous trouvons d’un côté « This Man’s the Navy », une vision angélique de la guerre, et de l’autre une œuvre réaliste, sombre et personnelle, « Les forçats de la gloire ». Reflétant bien l’étendue du genre, le premier utilise le cadre de la guerre pour relater une histoire sympathique, alors que le deuxième s’immerge dans l’action pour tenter d’en extraire la dure réalité ; il se contente de relater des moments sans chercher à les inscrire dans une intrigue. D’une esthétique rappelant le documentaire, les scènes de fiction se marient parfaitement avec les images d’archive qui semblent toutes droites sorties de « La bataille de San Pietro », un film de John Huston tourné en Italie durant les combats. Ce formalisme d’un réalisme singulier sert des séquences souvent déprimantes où les pluies battantes, la prostration des soldats, les décors tels que des villes en ruine, des terrains boueux, des galeries creusées à même la terre et étayées à la va-vite, rend compte de l’enfer vécu par les soldats. En 1949, Wellman réalisera une œuvre du même type, « Bastogne », qui aura cette fois-ci pour cadre la bataille des Ardennes. On retrouvera ce même réalisme, cette même suite décousue de situations guerrières, mais alors que dans « Bastogne » ce sont des acteurs de tout premier plan qui occupent l’affiche, ici nous n’avons affaire qu’à des inconnus - à l’exception de Burgess Meredith qui interprète Ernie Pyle, correspondant de guerre et auteur du récit. (A savoir que Robert Mitchum est encore un quasi inconnu ; c’est ce film qui lancera sa carrière). Cette spécificité qui gomme tout glamour, ajoutée au fait que les décors, les combats, la photo sont peut-être plus tourmentés ici, donne un côté « film d’auteur » plus en accord avec un réalisme documentaire. Dans les deux cas cependant, il manque toute une dimension psychologique que le cinéma ne révélera que des décennies plus tard. Bien que le désarroi se lise par moment sur le visage de ces soldats - peut-être plus ici que dans beaucoup d’autres films de l’époque -, jamais en effet il ne se transforme en lâcheté ou en peur : la règle implicite en ces années d’après guerre reste que le combattant est un héros, un titre qui implique qu’il est dépourvu de faiblesses.

Tous les droits de reproduction et de diffusion réservés © 2013 Hollywood33