FOUR FRIGHTENED PEOPLE

FOUR FRIGHTENED PEOPLE

FOUR FRIGHTENED PEOPLE

Un film d'aventures de Cecil B. DeMille

79  mn

Avec Claudette Colbert, Herbert Marshall, Mary Boland, William Gargan, Leo Carrillo, Nella Walker, Ethel Griffies
Scénario de Bartlett Cormack, Lenore Coffee
D'après E. Arnot Robertson
Musique de Karl Hajos
Photo de Karl Struss
Produit par Cecil B. DeMille

RESUME
Au large des côtes de Malaisie, les quatre passagers d'un navire contaminé par la peste, s'enfuient dans une petite embarcation. Arrivés sur le rivage, ils sont accueillis par un Blanc qui leur conseille de traverser la jungle pour s'en sortir.

COMMENTAIRE
Le ton du film est curieux pour ne pas dire déconcertant. Découvrir Marie Boland, dont l’extravagance du jeu la prédispose à la comédie loufoque, traverser avec désinvolture une jungle hostile a de quoi surprendre. On peut parler de surréalisme burlesque si l’on ajoute qu’elle est accompagnée d’un petit chien quelle ne cesse de porter dans ses bras, ou qu’après des jours de marche épuisante à travers des marécages et des forêts épaisses elle continue d’assurer ses manières bourgeoises. Les personnages qui l’accompagnent ne semblent pas plus perturbés à l’idée d’être perdus dans un milieu où ils risquent leur vie à chaque instant. Ils s’enfuient bien devant un buffle, l’institutrice incarnée par Claudette Colbert crie effectivement d’épouvante devant un cobra, mais cela n’a pas la conviction des explorateurs en danger qui composent des films comme « King Kong » ou « Tarzan et sa compagne » sortis à la même époque. (Le titre qui pourrait se traduire pas « Quatre personnes effrayées » prend dans ces conditions une connotation ironique). Après des mois passés dans la jungle, ils s'y trouvent comme dans un salon. On sait que Cecil B. DeMille aime à introduire des touches d’humour et des situations cocasses au milieu de drames les plus noirs. Or c’est toujours avec discernement et à bon escient. Ici, au risque de décevoir, il ruine l’aspect extraordinaire de son histoire en introduisant quantité de comportements et de situations décalées. S’il ne respecte pas les conventions du film d’aventures - et ce, bien que le film soit tourné en grande partie en décor naturel - c’est parce que ce récit se veut d’abord une fable sociale dans la veine de « L’admirable Crichton » qu’il avait réalisé en 1919. Il s’amuse avec des représentants établis de la société (la femme d’un diplomate, une institutrice, un chimiste et un reporter) afin qu’ils révèlent leur véritable nature au contact de cet univers sauvage. Il peut également se laisser aller aux relations amoureuses sulfureuses : l’adultère d’Herber Marshal et les relations ambiguës entre une femme et deux hommes. Une nouvelle fois DeMille fait montre d’un érotisme troublant pour quelqu’un qui défendait les codes de censure ; ainsi cette séquence où Colbert se lave dans une cascade sous l’œil médusé de ses deux compagnons d’infortune.

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