FRANKENSTEIN

FRANKENSTEIN

FRANKENSTEIN

Un film fantastique de James Whale

67  mn

Avec Colin Clive, Mae Clarke, John Boles, Boris Karloff, Edward Van Sloan, Dwight Frye, Lionel Belmore
Scénario de Garrett Fort, Francis E. Faragoh
D'après Mary Wollstonecraft Shelley
Musique de David Broekman
Photo de Arthur Edeson
Produit par Carl Laemmle Jr.

RESUME
Aidé de son serviteur difforme, le docteur Frankenstein exhume un cercueil, puis détache un pendu. Mais il lui manque encore un cerveau pour achever sa créature. Ce sera celui d'un criminel exposé à la faculté de médecine.

COMMENTAIRE
Symptomatique d’une société affaiblie par une crise économique qui vient de la toucher de plein fouet, le cinéma se réfugie dans le sordide et la noirceur. La Universal sera la première et la plus insistante à renvoyer ce climat lugubre dans lequel la population d’alors semble se complaire. L’histoire commence en 1931, quelques mois après le début de la crise, lorsque le studio produit coup sur coup deux des plus grands films d’horreur de tous les temps, « Dracula » et « Frankenstein ». Le succès remporté est tel qu’il exploitera le filon jusque dans les années quarante pour devenir le spécialiste du cinéma fantastique. De toutes les œuvres d’horreur qu’il produit - souvent médiocres -, « Frankenstein » est à n’en pas douter l’une des plus fascinantes et des plus charismatiques. Pour preuve, le mythe cinématographique engendré par le monstre qu’incarne Boris Karloff (la démarche saccadée, le front haut, les arcades sourcilières proéminentes et les électrodes plantées dans le cou) est inscrit dans la mémoire collective universelle au même titre que Charlot et Marilyn Monroe. Au-delà de cet aspect promotionnel lié en partie au fabuleux travail de maquillage accompli par Jack Pierce, au-delà de l’étrange récit de Mary Shelley, le film possède une atmosphère gothique exceptionnelle. La tour de guet perchée sur un piton rocheux, le cimetière où trône une statue de la mort, le gibet au bord d’un chemin, le moulin isolé dans la nuit, contribuentent à former l’image inquiétante, souvent copiée mais rarement égalée du film. De même, les intérieurs dessinés tout en hauteur, chargés de détails insolites et éclairés dans le style expressionniste, créent une ambiance en parfaite adéquation avec l’horreur qu’inspire l’histoire. James Whale, le véritable créateur de cette œuvre novatrice, s’entoure également d’acteurs répondant parfaitement à l’esprit du récit. Outre le choix de Karloff dont le visage osseux évoque celui de la mort, il choisit pour incarner le docteur à la sinistre réputation, un acteur au regard tourmenté, Colin Clive, et pour camper son serviteur bossu, un Dwight Frye qui s’avère peut-être le plus inquiétant des acteurs du film.

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