FROU FROU

FROU FROU

THE TOY WIFE

Un drame de Richard Thorpe

92  mn

Avec Luise Rainer, Melvyn Douglas, Robert Young, Barbara O'Neil, H. B. Warner, Alma Kruger, Theresa Harris, Walter Kingsford, Clarence Muse
Scénario de Zoë Akins
D'après Henri Meilhac
Musique de Edward Ward
Photo de Oliver T. Marsh
Produit par Merian C. Cooper

RESUME
Après des études en France, une belle jeune fille aux manières puériles entre chez elle à la Nouvelle-Orléans. Là, au grand dam de sa sœur, moins belle mais plus sérieuse, elle sera demandée en mariage par un jeune avocat à l’avenir tout tracé.

COMMENTAIRE
Plutôt connu pour ses films d’aventures (« Taro le païen », « Tarzan s’évade ») et ses comédies (« Double mariage », « Man-Proof »), peu habitué à composer avec des protagonistes aux attitudes complexes, Richard Thorpe surprend en parvenant à rendre avec éclat le romantisme de ce drame amoureux. Même s’il force le trait, même si l’aspect insolite du personnage principal est appuyé, le résultat demeure convaincant et la conclusion déchirante. « Frou Frou » est l’histoire d’une belle jeune femme dont l’immaturité, charmante, engendrera la perte. Nous sommes dans une Louisiane d’avant guerre de Sécession où l’élite d’origine française vit dans l’opulence, servie par de nombreux domestiques noirs asservis, dociles et invariablement aimables. Dans cette société où le luxe des demeures n’a d’égal que les toilettes des maîtresses de maison, l’héroïne épouse un aristocrate, séduit par sa beauté, lequel déchante rapidement lorsqu’il s’aperçoit que sa femme-enfant est incapable d’élever leur fils ou de tenir la maison. Commence alors une descente en enfer pour tous, une descente d’autant plus tragique que la jeune femme, victime de sa beauté et de son tempérament puéril, est impuissante à y faire face. Avec un jeu certes outré, mais finalement en accord avec l’exigence du rôle, Luise Raine campe cette infortunée jeune femme dont le destin et le romantisme n’ont rien à envier à ceux de Marguerite Gautier que Greta Garbo venait d’interpréter à la MGM un an auparavant. Les attitudes fofolles de celle qu’on prénomme Frou Frou - en référence au bruit que font ses dessous de soie lorsqu’elle se déplace - prêtent à sourire, sont même crispantes et grotesques par moment. Or cette impression apporte un relief supplémentaire au récit, car derrière la fraîcheur exacerbée, surfaite, quasiment irréelle de ce personnage, le drame qui se joue n’en devient que plus sombre.

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