LE GÉNÉRAL EST MORT À L'AUBE

LE GÉNÉRAL EST MORT À L'AUBE

THE GENERAL DIED AT DAWN

Un film d'aventures de Lewis Milestone

99  mn

Avec Gary Cooper, Madeleine Carroll, Akim Tamiroff, Dudley Digges, Porter Hall, William Frawley, J. M. Kerrigan
Scénario de Clifford Odets
D'après Charles Gordon Booth
Musique de Werner Janssen
Photo de Victor Milner
Produit par William LeBaron

RESUME
Un Américain, défenseur des opprimés, a pour mission de se rendre à Shanghai pour apporter une grosse somme d'argent qui permettra d'acheter des armes aux paysans. Mais le despote local et ses sbires vont tenter de l'intercepter.

COMMENTAIRE
« Le général est mort à l’aube » est loin de répondre à ce qu’inspire son titre poétique. Comme tous les premiers films auxquels Clifford Odets a participé, (« L’esclave au mains d’or », « Rien qu’un cœur solitaire », même « Blocus » où il n’est pas crédité), ce « Général » déçoit par son manque de rythme dû, en partie, à de longues scènes ennuyeuses. Malgré des efforts incroyables pour rester original, Odets ne parvient jamais à sortir de la série B dont l’histoire possède les caractéristiques. Cela en devient grotesque quand cinq personnages appartenant à chaque fois à un autre camp, interprétés, dans l’ordre, par Porter Hall, Gary Cooper, William Frawley, Dudley Digges et Akim Tamiroff, - autant dire toute la distribution -, se tiennent en joue et se désarment successivement ; chaque passage étant ponctué par des dialogues pompeux. Ne faisant rien pour arranger les choses, la réalisation de Lewis Milestone est boursouflée, faussement baroque. A côté d’idées formelles qui confirment une certaine ambition (l’apparition dans les coins de l’image de séquences se déroulant dans d’autres lieux, ou le bouton de porte qui se transforme en boule de billard), la direction d’acteur est pesante. Beaucoup surjouent, la palme revenant à Tamiroff qui dans un rôle de général oppresseur, se complaît dans l’excès. Plus désagréables encore, ces plans travaillés souvent muets qui visent un effet qu’ils ne parviennent pas à atteindre, de même que ce fond sonore omniprésent qui altère sans cesse l’atmosphère des scènes. (D'ailleurs, le compositeur, Werner Janssen, fera une tout petite carrière qui s’achèvera avec des série B dont la musique semble issu ici.) Tout ceci est d’autant plus décevant que le film s’annonçait comme l’une des plus intéressantes productions Paramount de l’année. Formé de Cooper, la plus grande star du studio, et de Martine Carroll toute auréolée du succès des films d’Alfred Hitchcock qu’elle venait de tourner en Angleterre, le couple vedette laissait espérer beaucoup. Il est en effet magnifique, mais il est hélas sous exploité. (On pouvait également attendre beaucoup de Millestone qui avait quelques chefs-d’œuvre à son actif). Le résultat est finalement à l’image des décors : la plus grande partie de l’histoire se déroule dans des intérieurs exigus alors que des plans généraux affichant des rues chinoises et de grandes pagodes parfaitement reconstituées sont peu mis en valeur.

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