GENTLEMAN JIM

GENTLEMAN JIM

GENTLEMAN JIM

Une comédie dramatique de Raoul Walsh

104  mn

Avec Errol Flynn, Alan Hale, Alexis Smith, Ward Bond, Jack Carson, John Loder, William Frawley, Minor Watson, James Flavin
Scénario de Vincent Laurence, Horace McCoy
D'après Jimmy Corbett
Musique de Heinz Roemheld
Photo de Sidney Hickox
Produit par Robert Buckner

RESUME
En 1887, à San Francisco, un jeune employé de banque dont la famille a un goût prononcé pour la bagarre, est repéré pour ses talents de boxeur par l'entraîneur du club sportif de la ville. Il enchaînera les combats jusqu’à devenir champion du monde.

COMMENTAIRE
A la lumière des faits historiques, la compréhension d’un film biographique se voit modifié car ce qui paraissait un caprice de scénariste s’avère un point remarquable de la vie du personnage : une phrase, une situation, un comportement, prend un sens nouveau qui révèle la véritable intention de l’auteur. « Gentleman Jim » est tiré de l’autobiographie de Jim Corbett, le premier champion du monde à avoir gagné son titre en portant des gants. Alors qu’à l’époque, la boxe est encore un sport de brute, que les règles instaurées par le marquis de Queensbury ont encore du mal à s’imposer, et qu’on préfère les combats clandestins à mains nues, Corbett, de par son style, et de par l’intelligence de son jeu, est le précurseur des boxeurs contemporains. On comprend alors pourquoi le film nous montre avec délectation ces combats clandestins, pourquoi la caméra se fixe souvent sur le jeu de jambes d’Errol Flynn qui incarne le brillant boxeur, et surtout, on comprend l’importance de ce personnage dans l’histoire de cette discipline. De la même manière, en apprenant qu’il est le dernier champion du monde à avoir gagné son titre à main nue, John L. Sullivan, joué par Ward Bond, accède à une nouvelle dimension. Mais tout ceci ne forme que l’ossature d’un film mythique, considéré par certains comme le meilleur des sept tournés par le tandem Flynn-Raoul Walsh. Car le film est d’abord remarquable par sa bonne humeur, sa débauche de moyens, sa pertinence, ses dialogues, et surtout par la présence de Flynn qui insuffle à son personnage une dynamique. Comparé à un autre film dans le même genre réalisé par Walsh quelques années auparavant à la Paramount, « Les faubourgs de New York », « Gentleman Jim » gagne en intérêt avant tout grâce à Flynn. On retrouve dans sa truculence et dans cette envie de mordre la vie à pleines dents ce qu’on imagine être la conception existentielle de Flynn et de Walsh. Pour eux, la vie a l’air d’un grand jeu où rien n’est sérieux, où rien ne compte plus que de plaisanter et passer de bons moments. A l’image de ces boxeurs qui n’ont jamais mal, dont le visage est rarement tuméfié par les coups, cette vie apparaît sous son meilleur jour. Tout ceci n’est pas pour autant dépourvu de noblesse et de fierté. Fierté d’une mère d’avoir un fils prodige et noblesse d’un champion déchu avouant humblement que son adversaire est le plus fort.

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