LA GLORIEUSE AVENTURE

LA GLORIEUSE AVENTURE

THE REAL GLORY

Un film d'aventures de Henry Hathaway

97  mn

Avec Gary Cooper, David Niven, Andrea Leeds, Reginald Owen, Broderick Crawford, Kay Johnson, Russell Hicks, Vladimir Sokoloff, Charles Waldron, Henry Kolker
Scénario de Robert Presnell, Jo Swerling
D'après Charles L. Clifford
Musique de Alfred Newman
Photo de Rudolph Mate
Produit par Samuel Goldwyn

RESUME
En 1906, l'armée US se retire des Philippines, laissant derrière elle une poignée d'officiers dont la mission est d'achever la formation militaire des autochtones. Ceux-là pourront ainsi lutter contre les terroristes Moros qui sèment la terreur.

COMMENTAIRE
Depuis 1926, Samuel Goldwyn produit chaque année de façon indépendante une petite poignée de films qu’il fait distribuer par la United Artist. S’attachant le service d’artistes prestigieux, quand il ne les débauche pas temporairement des studios où ils sont sous contrat, choisissant souvent des thèmes ambitieux et se donnant les moyens de les mettre en valeur, ses films sont d’excellente facture pour la plupart. En 1939, Goldwyn produit quatre films parmi lesquels on trouve « Les hauts de Hurlevent », incontournable drame de William Wyler, et cette « Glorieuse aventure ». Gary Cooper est sous contrat à la Paramount lorsqu’il vient travailler pour Goldwyn. C’est la cinquième fois qu’il collabore avec lui et à cette occasion est accompagné de celui qui peut être considéré comme son mentor, tant il a joué de films sous sa direction, Henry Hathaway. Le réalisateur, qui n’a jamais travaillé pour Goldwyn, est à un tournant de sa carrière puisqu’il vient de quitter la Paramount où il a fait ses premières armes, et se prépare à entrer à la Fox où il mettra en scène une quantité non négligeable de chefs-d’œuvre - dont « Le jardin du diable » où il s’attachera une ultime fois les services de Cooper. La présence des deux hommes ici, ainsi que le thème colonialiste du film et ce trio de soldats liés par une indéfectible amitié, ne peut manquer de rappeler « Les trois lanciers du Bengale », l’un des plus beaux films d’aventures de la décennie sorti quatre ans auparavant. Goldwyn pensa très certainement à ce film lorsqu’il entrepris de produire « La glorieuse aventure ». Aux artistes qui contribuèrent pour une grande part au succès des « Trois lanciers », (Hathaway et Cooper), il adjoignit des scénaristes et un chef opérateur de tout premier plan, mais hélas cela n’y suffit pas : assez curieusement, « La glorieuse aventure » ne demeure malgré tout qu’un agréable et plaisant film d’aventures. Comme souvent lorsqu’il est dirigé par Hathaway, Cooper, dans un rôle de médecin aux méthodes peu orthodoxes, est magnifique. Or, il demeure bien seul au milieu de cette distribution sans panache à peine rehaussée par la présence de David Niven. (En la personne d’Andrea Leeds, Goldwyn fait une nouvelle fois l’erreur d’imposer une actrice dépourvue de grâce et de photogénie). Honteusement similaire aux « Trois Lanciers », l’histoire très conventionnelle n’offre aucune surprise. (L’intrigue va jusqu’à reprendre l’idée de la peau de cochon comme moyen pour faire parler un musulman.) De même, dans la longue scène d’action à la fin du film, parfaitement réalisée au demeurant, Hathaway ne parvient pas à retrouver le souffle épique des « Trois lanciers ». Comme souvent dans les productions de Goldwyn on se sent à l’étroit dans des décors parfaitement reconstitués mais trop réduits et pas suffisamment nombreux. Ajoutons enfin que la musique, réduite le plus souvent à un insipide ronronnement, manque de panache, surtout dans les scènes clefs du film.

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