GRAND HOTEL

GRAND HOTEL

GRAND HOTEL

Une comédie dramatique de Edmund Goulding

108  mn

Avec Greta Garbo, John Barrymore, Joan Crawford, Wallace Beery, Lionel Barrymore, Lewis Stone, Jean Hersholt, Robert McWade, Ferdinand Gottschalk, Tully Marshall, Frank Conroy, Murray Kinnell, Edwin Maxwell
Scénario de William A. Drake
D'après Vicki Baum
Musique de Herbert Stothart
Photo de William H. Daniels
Produit par Irving G. Thalberg

RESUME
@F.Le destin de quelques clients d'un hôtel de luxe de Berlin vont se croiser : un petit comptable condamné par la maladie, une danseuse dépressive, un séduisant baron devenu escroc, un homme d'affaire au bord de la faillite…

COMMENTAIRE
Chose exceptionnelle pour l’époque, la MGM inscrit à l’affiche d’un même film quelques unes de ses plus grandes vedettes. La présence d’Irving Thalberg à la production explique certainement cette initiative inédite et courageuse. Producteur génial et ambitieux qui sera à l’origine de la plupart des grandes réussites du studio au début des années trente (« Horn le trafiquant », « La monstrueuse parade », « Tarzan l’homme-singe », « Les révoltés du Bounty », « Marie-Antoinette »), il ne craint pas de joindre l’audace artistique à l’œuvre prestigieuse. Comme si cela n’y suffisait pas, à cette concentration de vedettes il ajoute une structure narrative tout aussi insolite qui consiste à relater en parallèle le destin de différents protagonistes n’ayant d’autres liens que de se trouver au même moment dans un même lieu. (Ajoutons toutefois que, produit par la Warner, sorti quelques mois auparavant, plus confidentiel mais également intéressant, « Union Depot » affichait une structure du même type). Ce choix s’avère judicieux puisqu’il permet de donner à chaque star un rôle de valeur équivalente, et ainsi d’éviter que certaines soient éclipsées au détriment d’autres. La stratégie sera non seulement payante (le film remporte l’Oscar et un franc succès), mais fera également des émules : construites sur le même modèle, suivront de nombreuses œuvres allant des « Invités de huit heures » sortie l’année suivante, jusqu’aux films catastrophes des années soixante-dix tels que « Airport » ou « La tour infernal ». Ainsi, les cinq vedettes de « Grand Hôtel » - associées à des étoiles aussi bien au générique du film que sur l’affiche publicitaire ! - sont autant de destins qui se nouent à travers des amitiés, des amours, des animosités, des intérêt divers, lors d’un cours séjour dans un somptueux palace. Greta Garbo est une danseuse dépressive qui retrouve goût à la vie - un changement d’attitude plutôt déconcertant - après s’être éprise d’un aristocrate devenu escroc joué par John Barrymore, Joan Crawford est la secrétaire d’un homme d’affaire en difficulté campé par Wallace Beery et Lionel Barrymore est un modeste comptable condamné par une maladie incurable qui a décidé de profiter de la vie avant de disparaître. Hormis la secrétaire, tous ces êtres, échantillon emblématique de la société, sont pitoyables quand ils ne sont pas accablés par des soucis d’argent ou de santé. « Les gens entrent, les gens sortent, il ne se passe jamais rien ». Loin de correspondre à ces mots - ironiques - formulés au début et à la fin du film par Lewis Stone, ces vies s’en verront au contraire complètement bouleversées après ce court passage dans le Grand Hôtel. Faut-il voir une conséquence de la crise de 1929 qui sévit à l’époque et ressurgit sur la morale hollywoodienne, mais seuls les petites gens trouveront un certain bonheur... Enfin, si tout cela s’apparente à du théâtre filmé, la mise en scène d’Edmund Goulding et la richesse du scénario le font oublier.

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