LE GRAND PASSAGE

LE GRAND PASSAGE

NORTHWEST PASSAGE

Un film d'aventures de King Vidor

125  mn

Avec Spencer Tracy, Robert Young, Walter Brennan, Ruth Hussey, Nat Pendleton, Robert Barrat, Lumsden Hare, Donald McBride
Scénario de Laurence Stallings, Talbot Jennings
D'après Kenneth Roberts
Musique de Herbert Stothart
Photo de Sidney Wagner, William V. Skall
Produit par Hunt Stromberg

RESUME
A 'époque où l'Amérique était encore sous domination anglaise, une unité de rangers décide de partir en territoire français pour y mener une expédition punitive à l'encontre d'une tribu indienne particulièrement sanguinaire.

COMMENTAIRE
Après « Chante mon amour », « Le grand passage » est l’autre film en technicolor que la MGM sort sur les écrans en cette année 1940. Il est tourné en extérieurs dans des régions sauvages et dispose d’une figuration importante, ce qui en fait, ajouté à la couleur, une production exceptionnelle, surtout quand on connaît l’aversion de la MGM pour les tournages hors de ses studios. Ce tournage ne fut pas facile (comme la manipulation d’une caméra de 300 kg dans un marais infesté de moustiques peut le laisser imaginer), mais le résultat est là, c’est la plus flamboyante œuvre épique de la décennie, bien supérieure, esthétiquement, à un film comme « Les aventures du capitaine Wyatt » au thème comparable. A l’image de cette admirable scène où les rangers dorment par grappes dans des arbres décharnés qui surplombent un marais, la production n’a pas lésiné sur les moyens pour rendre le film à la fois proche du documentaire et plastiquement fascinant. Curieusement, le scénario ne cherche pas à mettre en valeur ces images. Il ne crée pas d’attente, il ne prépare pas le spectateur à une épopée de cette qualité. Le chef des rangers, incarné par Spencer Tracy, apparaît pour la première fois dans une taverne en train de chanter pour un indien : ce personnage ne laisse pas présager qu’il est un commandant charismatique. Le but de la mission est très brièvement exposé. Il est peu fait allusion aux multiples dangers qui attendent ces hommes. En fait, le scénario se contente de relater froidement les faits sans tenter d’émouvoir, de justifier les actions ou d’intéresser le spectateur autrement que par l’image. Ce manque de lyrisme fait de ces hommes, qui s’adonnent à un abject massacre et qui abandonnent leurs compagnons blessés à leur sort, des brutes auquel il est difficile d’associer l’héroïsme de rigueur. Si ce traitement est dans doute plus proche d’une réalité de terrain, il n’en demeure pas moins qu’il ne correspond pas au canon de la dramaturgie hollywoodienne.

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