GRANDE DAME D'UN JOUR

GRANDE DAME D'UN JOUR

LADY FOR A DAY

Une comédie de Frank Capra

97  mn

Avec Warren William, May Robson, Guy Kibbee, Glenda Farrell, Ned Sparks, Walter Connolly, Jean Parker, Nat Pendleton, Barry Norton, Halliwell Hobbes, Hobart Bosworth, Robert Emmet O'Connor
Scénario de Robert Riskin
D'après Damon Runyon
Musique de Mischa Bakaleinikoff
Photo de Joseph Walker
Produit par Harry Cohn, Frank Capra

RESUME
Une poivrote vivant d'expédients apprend que sa fille placée dans un couvent européen revient en Amérique pour lui présenter son fiancé et son beau-père, un comte. Lui ayant fait croire qu'elle appartenait à la haute, la vieille femme est désespérée.

COMMENTAIRE
« Grande dame d’un jour » voit l’émergence d’un des thèmes majeurs de l’œuvre de Frank Capra - et par la même occasion celle de Robert Riskin son scénariste attitré : aidé par des circonstances particulières, une roturière (une vendeuse de pommes ici) est propulsé au sommet de la société pour devenir l’égal des nantis et des décideurs. A défaut des Mr Deeds et des John Doe, (héros de deux films fondamentaux du tandem Capra-Riskin) cette vieille clocharde jouée par une admirable May Robson ne bousculera pas les élites, mais en devenant « quelqu’un », n’en devient pas moins porteuse d’espoirs pour toute une frange défavorisée de la population, en plus d’en être son porte-parole. En pleine crise économique, alors que le chômage est au plus haut, un tel sujet ne pouvait être que bien accueilli. Le film fut effectivement le premier grand succès de Capra, l’encourageant certainement, presque trente ans plus tard, à en faire « Milliardaire d’un jour », son remake. L’idéalisme, toujours très présent dans les œuvres de Capra, n’est pas non plus absent ici. La vieille femme doit son ascension à un escroc dandy incarné par Warren William. D’abord par superstition (les pommes que lui vend la vieille femme lui portent chance au jeu) par pitié également, puis par simple besoin de faire une bonne action, celui-ci se démène pour que se réalise ce qu’il appelle lui-même un conte de fée. Avec « La ruée » sorti l’année précédente et qui relate comment des financiers sans scrupule défendent leurs intérêts au mépris des hommes de bonne volonté, Capra semble avoir trouvé ce qui constitue les fondements de son œuvre. Sur un plan plus formel, la photo de Joseph Walker, un autre fidèle collaborateur de Capra, est remarquable à maints égards. Des halos vaporeux de lumière viennent éclairer certaines scènes, de même, chose assez rare à l’époque, quelques séquences semblent avoir été tournées en extérieurs dans des rues bondées.

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