HALLELUJAH

HALLELUJAH

HALLELUJAH

Un drame de King Vidor

110  mn

Avec Daniel L. Haynes, Nina Mae McKinney, William E. Fountaine, Harry Gray, Fannie Belle De Night, Everett McGarrity
Scénario de Wanda Tuchock, Richard Schayer
D'après King Vidor
Musique de Irving Berlin
Photo de Gordon Avil
Produit par King Vidor

RESUME
Les deux fils aînés d'une famille noire se rendent en ville pour vendre leur récolte de coton. Après la vente, le plus grand rencontre une danseuse qui l'entraîne à dépenser son argent au jeu. Dans la rixe qui s'ensuit le petit frère est tué.

COMMENTAIRE
L’autobiographie de King Vidor nous apprend que le réalisateur nourrissait depuis longtemps l’espoir de faire un film sur les Noirs inspiré de ses souvenirs de jeunesse. Devant la réticence des dirigeants de la MGM à produire un film qui ne pourrait être projeté dans les salles fréquentées par les Blancs du Sud, Vidor dut investir son important salaire dans la production pour arriver à ses fins. Le résultat est un chef-d’oeuvre et demeure à plus d’un titre une œuvre exceptionnelle dans le paysage cinématographique de l’époque. Historiquement d’abord, « Hallelujah » est le premier film parlant où le son fait partie intégrante de l’histoire : il n’est plus cette curiosité que des réalisations souvent médiocres cherchent à valoriser. Mais le film est surtout une œuvre sociale, ethnographique et humaniste rarement égalée. Relater l’histoire d’une communauté d’hommes solidaires et défavorisés - mais tout de même heureuse - et ce, de façon documentaire, conduit à former une représentation sincère et attachante de l’humanité, représentation peu exploitée par le cinéma américain hormis dans des films comme « Les raisins de la colère ». Les conditions de vie dans des masures, la foule qu’on baptise dans l’eau du fleuve, le cycle du coton depuis la cueillette jusqu’à son chargement sur les bateaux à aubes, les petits enfants qui font des claquettes sur un air de banjo sont autant d’images qui ont pour ambition de témoigner d’une réalité. Plus atypique encore, le film n’est interprété que par des acteurs Noirs. Quand on connaît leur faible représentation dans le cinéma américain de l’âge d’or, on mesure combien cette production, qui entreprend de s’intéresser uniquement aux gens de couleur, est inhabituelle. A l’image de la communauté qu’elle dépeint, ce film a la particularité de demeurer jovial et insouciant, de posséder une joie de vivre et un sens de la fête qui contraste avec la misère ambiante. En cela il relève de la leçon de vie. La morosité engendrée par la pauvreté est palliée par la religion, la musique et le sexe, trois activités que les auteurs traitent - à tort ou à raison - sans un certain excès. La foi est si intense que lors des messes les fidèles entrent en transe et on assiste à toute une série de scènes d’hystérie collective. La musique est présente à tous les instants de la vie. Pas une activité n’est effectuée sans qu’un chant ne soit interprété ou une danse exécutée. Le sexe enfin, est l'exutoire vers lequel on est attiré irrémédiablement. Le héros interprété par Daniel L. Haynes revient assidûment reprendre ce sirop même s’il ne connaît que trop son côté funeste. Seule la mort de celle qui représente à ses yeux l’objet du désir le fera revenir dans le droit chemin.

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