HÉROS À VENDRE

HÉROS À VENDRE

HEROES FOR SALE

Un drame de William A. Wellman

73  mn

Avec Richard Barthelmess, Aline McMahon, Loretta Young, Gordon Westcott, Robert Barrat, Berton Churchill, Grant Mitchell, Charley Grapewin, Robert McWade, James Murray, Edwin Maxwell, Robert Elliott, John Marston, Willard Robertson
Scénario de Robert Lord, Wilson Mizner
Musique de Leo F. Forbstein
Photo de James Van Trees
Produit par Hal B. Wallis

RESUME
Pendant la Grande Guerre, un soldat américain réussit une mission délicate, mais blessé il est fait prisonnier et tous les honneurs reviennent à un ami. De retour à la vie civile, sa dépendance à la morphine apparue suite à son traitement, le persécute.

COMMENTAIRE
Par son regard sans concession porté sur les problèmes sociaux que connaît l’Amérique de l’époque, « Héros à vendre » se situe parmi les plus remarquables films de 1933. Depuis la réinsertion à la vie civile des soldats de retour du front, le machinisme qui génère chômage et grève, l’administration qui fait déjà la chasse aux communistes, jusqu’à la banqueroute de 1929 qui conduit à l’indigence une grande partie de la population, le film dresse une telle liste de calamités sociales qu'il en devient une sombre fresque de l’Amérique des petites gens. Cette peinture critique inaccoutumée est révélée à travers le destin d’un philanthrope. Malgré sa bonté et sa volonté d’aider son prochain, l’homme est malchanceux et accablé. C’est cette rencontre entre un individu remarquable et un milieu social populaire sur lesquels s’acharne le sort qui forme la véritable originalité du film. Le héros à vendre interprété par Richard Barthelmess, la gentillesse personnifiée, est confronté aux problèmes de son temps qu’il tente de surmonter et qui sont la source de ses déboires : sur le front il est blessé et fait prisonnier alors qu’il a réalisé un geste héroïque ; après la guerre un ami reçoit à sa place les honneurs de ce geste alors que lui doit lutter contre une addiction à la morphine ; durant une grève il est emprisonné et perd sa femme alors qu’il tente de raisonner ses collègues ; enfin, anéanti par le destin, il se fait vagabond durant la crise de 1929 tandis que sa fortune sert à payer la soupe populaire des nécessiteux. (Ajoutons sur ce dernier point que William Wellman, en quelques plans, laisse deviner toute l’étendu de la misère de ses contemporains, une misère visible entre autre dans le regard des gens qui s’agglutinent devant les devantures des commerces qui distribuent la soupe populaire). Mais tout n’est pas sombre, des moments d’éclaircies apparaissent également (lorsque le héros aide au développement de son entreprise où lorsqu’il fonde une famille par exemple) qui accroissent encore les vicissitudes du héros.

Tous les droits de reproduction et de diffusion réservés © 2013 Hollywood33