ANN VICKERS

ANN VICKERS

ANN VICKERS

Un drame de John Cromwell

76  mn

Avec Irene Dunne, Walter Huston, Bruce Cabot, Edna May Oliver, Conrad Nagel, Sam Hardy, Mitchell Lewis, Gertrude Michael, J. Carrol Naish
Scénario de Jane Murfin
D'après Sinclair Lewis
Musique de Max Steiner
Photo de David Abel, Edward Cronjager
Produit par Pandro S. Berman

RESUME
Lors d'une soirée, une assistante sociale rencontre un militaire sur le point de partir à la guerre. Alors qu'ils prévoient de se marier, c'est dans les bras d'une autre qu'elle le reverra. Par la suite elle deviendra directrice de prison.

COMMENTAIRE
Quelques mois après la sortie sur les écrans de « Mary Stevens, M. D. » produit par la Warner, la RKO sort elle aussi une histoire féministe où la femme, tout en assurant une fonction sociale à l’égale de l’homme, est confrontée aux préjugés. Médecin dans « Mary Stevens, M. D. », assistante sociale ici, ces héroïnes exercent des professions altruistes qu’elles servent avec passion. Outre leur présence dérangeante dans un monde d’hommes, leur générosité les conduit à avoir des attitudes qui, après avoir déplues, sont finalement reconnues. C’est ainsi que Ann Vickers, le personnage principal campé par Irene Dunne, devient directrice d’une prison pour femme après avoir dénoncé les abus commis dans ce type d’établissement. Elle fait non seulement l’objet d’attaques de la part de conservateurs mais doit également surmonter un sort malheureux. (Elle rencontre un militaire (Bruce Cabot) qui lui promet monts et merveilles pour finalement partir dans les bras d’une autre, puis se marie avec un juge (Walter Huston) qui effectue de la prison suite à des escroqueries). Tiré d’un roman de Sinclair Lewis, premier Nobel américain de littérature connu pour ses romans à succès dénonçant une société conservatrice et obtuse, le film est toutefois quelque peu décevant. Le personnage est plutôt résigné, une résignation encore accentuée par le jeu sage et posé de Dunne. Alors que cette femme est animée de convictions, qu’elle aurait dû prendre à bras le corps son destin, elle subit les évènements plus qu’elle n’en tire parti, ôtant par la même occasion une part de la pertinence du propos. Du point de vu formel, on notera l’utilisation à plusieurs reprises du gros plan lors des champs contre champs et la surimpression du visage de l’héroïne sur les atrocités qu’on fait subir aux femmes - rappelant d’ailleurs une scène de « Mary Stevens, M. D. »…

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