L' HOMME TRANQUILLE

L' HOMME TRANQUILLE

THE QUIET MAN

Une comédie de mœurs de John Ford

129  mn

Avec John Wayne, Maureen O'Hara, Ward Bond, Victor McLaglen, Patrick Wayne, Barry Fitzgerald, Mildred Natwick, Francis Ford, Eileen Crowe, Arthur Shields, James Lilburn
Scénario de Frank S. Nugent
D'après Maurice Walsh
Musique de Victor Young
Photo de Winton C. Hoch, Archie Stout
Produit par John Ford, Merian C. Cooper

RESUME
+@P@R.Un Américain, ancien boxeur, revient dans son village natal en Irlande et achète à une veuve le cottage où il est né, par ailleurs convoité par un gros propriétaire qui s'en souviendra lorsqu'il faudra donner la main de sa sœur.

COMMENTAIRE
S'il y avait trois œuvres de John Ford à retenir, celle-ci en ferait certainement partie, et s'il y avait trois réalisateurs à retenir dans le cinéma américain de cette époque, John Ford en ferait aussi certainement parti, c'est dire l'importance de ce film. « L'homme tranquille » est de ces films remarquablement construits dont l'intrigue banale ne peut laisser présager un tel résultat. Elle a cette qualité de donner à Ford la possibilité d'exprimer tout son talent. Tout autre que lui aurait fait de cette histoire un film « gentil » ou aurait ajouté un ressort dramatique. Or la couleur des personnages, la justesse de leurs attitudes et cette faculté unique qu'il a de leur donner une humanité malgré leurs travers, à cette faculté de transcender l'intrigue. Elle lui permet de composer une palette de personnages qu'il maîtrise parfaitement, de prendre le temps de leur donner corps et de les faire évoluer dans un milieu serein (loin des indiens, de la pauvreté et des mines de charbon), des éléments qui sont rarement rassemblés dans ses films. Comme souvent chez Ford, personne n'est tout blanc ou tout noir, chaque individualité est la partie d'un tout cohérent, uni et solidaire contre ce qui pourrait détruire l'harmonie du groupe. (Le curé cache son colt blanc lors de la manifestation improvisée qui doit donner l'impression aux autorités religieuses que le pasteur, qui risque d'être muté, a de nombreux fidèles - alors qu'il n'en a que trois). Lorsque le groupe est confronté à un problème, c'est souvent par une supercherie qu'il le résout, jamais de front, ce qui évite des situations trop ouvertement conflictuelles et manichéenne qui n'intéressent pas Ford. Et lorsqu'il y a une confrontation directe, elle est encadrée, elle a des règles et il y a souvent ni vainqueur ni vaincu, tel le combat homérique final. Toujours derrière la roublardise, la mauvaise humeur, les pulsions exprimées maladroitement par les protagonistes, se cache pudiquement un profond besoin de l'autre. « L'homme tranquille » est un film important parce qu’il est en tout point un film fordien. Il est peut-être le dernier et le plus abouti de ses films.

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