DES HOMMES SONT NÉS

DES HOMMES SONT NÉS

BOYS TOWN

Une comédie dramatique de Norman Taurog

89  mn

Avec Spencer Tracy, Mickey Rooney, Henry Hull, Leslie Fenton, Gene Reynolds, Edward Norris, Addison Richards, Minor Watson, Jonathan Hale, Bob Watson, Frankie Thomas, Jimmy Butler
Scénario de Dore Schary, John Meehan
D'après Eleanore Griffin, Dore Schary
Musique de Edward Ward
Photo de Sidney Wagner
Produit par John W. Considine Jr.

RESUME
@H@A.Dans le Nebraska, après avoir assisté à l'exécution d'un criminel qui reprochait à la société de ne pas lui avoir donné de foyer, un prêtre fonde et construit, non sans rencontrer quelques difficultés, un village pour garçons abandonnés.

COMMENTAIRE
Pour la deuxième année consécutive Spencer Tracy remporte l’Oscar du meilleur acteur. L’ayant reçu l’année précédente pour « Capitaines courageux » où il interprétait un pêcheur se prenant d’affection pour un jeune imbu de lui-même, de toute évidence on lui trouve des qualités dans les rôles d’éducateur d’enfants. Pourtant, autant son interprétation du pêcheur fruste relève du véritable rôle de composition, autant il ne paraît pas forcer son talent ici. (L’oscar semble avoir été remis ici plus au personnage remarquable qu’il incarne, qu’à l’acteur lui-même !) D’ailleurs, de manière générale, le film de Victor Fleming a des qualités qu’on ne retrouve pas dans celui de Norman Taurog. Vulgaire tacheron MGM, ce dernier ne parvient pas à donner toute la mesure de ses personnages. Outre Tracy, qui malgré l’Oscar est plutôt quelconque dans ce rôle de prêtre dévoué et altruiste, on trouve un Mickey Rooney dont le jeu épouvantable altère une partie de l’émotion. Loin de son interprétation du jeune mousse de « Capitaines courageux », encore lui, paraissant tout droit sorti d’une comédie musicale survoltée, il fanfaronne ridiculement, fait dans la surenchère d’expressions jusqu’à rendre peu crédible son personnage et finalement ne répond pas à l’esprit du film qui évite de peu la caricature à cause de lui. Cette histoire permit tout de même à ses auteurs de remporter l’Oscar eux aussi. Et c’est bien grâce à cette histoire, à sa force émotionnelle, au fait qu’elle s’inspire de faits réels remarquables, que le film retient l’attention. Cependant, si la fin a pu faire pleurer dans les chaumières, si le discours est optimiste et plein de bonnes intentions, l’ensemble relève tout de même de l'image d’Epinal. Comment croire que parmi ces centaines d’enfants délinquants, un seul pose vraiment problème ? Que tous ces enfants ressentent une reconnaissance sans borne envers leur bienfaiteur ? De même, l’intrigue s’intéresse presque plus à l’aspect financier, qui permit de bâtir ce foyer pour enfants abandonnés, qu’à l’aspect émotionnel qui conduisit à la soit disant réussite de ce foyer. Cette approche comptable froide qui côtoie des relations chaudes est plutôt déconcertante.

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