LES HORIZONS PERDUS

LES HORIZONS PERDUS

LOST HORIZON

Un film d'aventures de Frank Capra

127  mn

Avec Ronald Colman, Jane Wyatt, John Howard, Margo, Thomas Mitchell, Edward Everett Horton, Isabel Jewell, H. B. Warner, Sam Jaffe, Hugh Buckler, John Miltern, Lawrence Grant, John Murray, Victor Wong
Scénario de Robert Riskin
D'après James Hilton
Musique de Dimitri Tiomkin
Photo de Joseph Walker
Produit par Frank Capra

RESUME
Cinq Européens quittent précipitamment la Chine en révolte. Détourné par un inconnu, l'avion qu'ils prennent s'écrase dans l'Himalaya loin de toute vie. Les rescapés se croient perdus lorsque des moines tibétains viennent à leur rencontre.

COMMENTAIRE
Nombreux sont les films de Franck Capra qui se veulent des contes philosophiques. Par son côté féerique, « Les horizons perdus » est celui qui en possède le plus clairement la forme. Cette option offre au cinéaste la possibilité d’exprimer ouvertement les conceptions utopiques qui lui tiennent à cœur. Shangri-La, ce pays merveilleux où les hommes vivent en paix à l’écart de toute civilisation, n’est autre que le paradis fantasmé par l’humanité. Les hommes y vivent heureux parce que la modération et l’amour y règne. Comme récompensés par cette sagesse, les habitants gagnent ce que promettent depuis la nuit des temps l’alchimie et sa pierre philosophale : l’immortalité et l’or. On retrouve dans cette vision angélique faite d’espoir vain, toute la naïveté béate des cinq chefs-d’œuvre de Capra interprétés alternativement par James Stewart et Gary Cooper. Les métaphores sont si nombreuses et leur sens si simpliste qu’on ne peut manquer d’être amusé. Mais cette approche qui a le mérite de faire rêver à une époque où le new deal exigeait une certaine utopie, a toutefois d’indéniables qualités poétiques. Le soleil qui brille sans cesse, les enfants qui rient, les hommes posés, les rivières qui serpentent aux milieux de vallées luxuriantes, sont autant d’éléments qui invitent à la contemplation. D’autant que cet univers apparaît au yeux des hommes civilisés après la traversée d’un enfer de glace et de neige. Pour recréer ces univers, Capra s’est donné les moyens et ce malgré les modestes possibilités de la Columbia pour laquelle il travaille. Il va jusqu’à tourner dans une chambre froide afin que de la buée sorte de la bouche des comédiens lorsqu’ils parlent : le résultat est assuré. Rappelant des séquences de « La grande muraille », des scènes de foules impressionnantes se déroulant en Chine ouvrent le film. De même que de nombreux plans permettent de rappeler des paysages himalayens.

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