HORN LE TRAFIQUANT

HORN LE TRAFIQUANT

TRADER HORN

Un film d'aventures de Woody S. Van Dyke

122  mn

Avec Harry Carey, Edwina Booth, Duncan Renaldo, Mutia Omoolu, Olive Golden, C. Aubrey Smith
Scénario de Richard Schayer, Dale Van Every, John Thomas Neville, Cyril Hume
D'après Ethelreda Lewis
Musique de William Axt
Photo de Clyde de Vinna

RESUME
En quête d'ivoire, Trader Horn, le fils d'un ami et leurs porteurs remontent une rivière, lorsqu'ils croisent une femme missionnaire à la recherche de sa fille. Elle serait retenue par une peuplade sanguinaire vivant dans une région inexplorée.

COMMENTAIRE
Moins connu maintenant que « Tarzan l’homme-singe » sorti l’année d’après, « Horn le trafiquant » n’en est pas moins supérieur à plus d'un titre. Les deux films, réalisés par Woody S. Van Dyke, se déroulent en Afrique et relatent les mésaventures d’une expédition de Blancs en prise avec le milieu sauvage et les autochtones. En dépit du fait que d’un côté nous avons un être fantasmé et de l’autre un explorateur des plus crédibles, « Tarzan » est tourné en studio alors que « Horn » est tourné en extérieur sur les lieux mêmes de l’action. Cette différence de taille apporte une dimension documentaire et ethnographique à « Horn » - absente dans un « Tarzan » à la facture plus Kitch. Pour réaliser son film, Van Dyke conduit en Afrique, pendant sept mois, une véritable expédition. (Ce n’est pas la première fois qu’il tourne dans des endroits reculés au milieu des indigènes. Il avait en particulier réalisé plusieurs films dans les îles du Pacifique Sud. Comme Robert Flaherty - avec lequel il a réalisé « Ombres Blanches » -, Merian C. Cooper, Ernest B. Schoedsack et Friedrich Wilhelm Murnau, il s’intéresse aux peuples indigènes qu’il filme dans leur cadre naturel). C’est ainsi que dans « Horn », on découvre longuement des peuplades noires dont le visage scarifié, la peau percée, et les lobes d’oreilles abîmées par les parures traduisent des coutumes entretenues loin de toute civilisation. Afin que ces séquences ne déparent pas l’unité du film, ces indigènes conscients d’être filmés, semblent s’être pliés à une mise en scène - ce qui différencie peut-être un Van Dycke d’un Flaherty - ne trahissant pas pour autant leur mode de vie. Par exemple, chose impensable dans le cinéma hollywoodien de l’époque si elle avait été osée par des Blanches, la poitrine des femmes noires restent le plus souvent dénudée. A côté d’un témoignage ethnographique saisissant fait de respect et dépourvu de tout racisme - chose rare à l'époque -, on assiste également à une impressionnante revue de grands mammifères africains. En fait, incarné par un sympathique Harry Carrey, Trader Horn est un trafiquant d’ivoire qui connaît bien l’Afrique. Il est accompagné d’un jeune homme qui, lui, en revanche, ignore tout de ce continent. Leur relation maître-professeur justifie l’approche didactique exceptionnelle du film. Ainsi, lors d’une longue marche dans la savane, Carrey présente à son jeune acolyte les animaux vivant autour d’eux et, telle la voix-off d’un documentaire animalier, étoffe son propos d’anecdotes les concernant. Ces aspects illustrent de belle manière une aventure captivante. Agrémentée de nombreuses scènes d’actions prises pour certaines à l’occasion de l’aventure vécue par l’équipe du film elle-même (on assiste en particulier à une scène envoûtante où des hommes tentent de ravir une proie à un groupe de lions), l’intrigue s’articule autour de la recherche d’une fille blanche capturée par une tribu. Elevée au milieu de la jungle, sorte de Tarzan féminin parée d’une longue crinière blonde, elle s’avérera avoir le statut de déesse par des indigènes qui la vénèrent. Edwina Booth, qu’on aura rarement vue au cinéma, joue ce personnage avec un sens déconcertant du mimétisme. Tranchant avec la blancheur de sa peau, elle parvient en effet à reproduire le comportement et le langage des Noirs qui l’entourent.

Tous les droits de reproduction et de diffusion réservés © 2013 Hollywood33