HURRICANE

HURRICANE

THE HURRICANE

Un film catastrophe de John Ford et de Stuart Heisler

99  mn

Avec Dorothy Lamour, John Hall, Mary Astor, C. Aubrey Smith, Thomas Mitchell, Raymond Massey, John Carradine, Jerome Cowan
Scénario de Dudley Nichols
D'après Charles Nordhoff, James Norman Hall
Musique de Alfred Newman
Photo de Bert Glennon
Produit par Samuel Goldwyn

RESUME
A Tahiti, un jeune marié indigène, second sur un voilier qui relie les îles, est jeté en prison pour avoir frappé un blanc. Ne supportant pas l'enfermement, il ne cesse de s'évader et voit sa peine passer de six mois à seize ans.

COMMENTAIRE
La présence de David Carradine dans le rôle d’un gardien de prison sadique rappelle que le sujet de « Hurricane » se rapproche de celui de « Je n’ai pas tué Lincoln » réalisé aussi par John Ford l’années précédente. Les deux films - dans lesquels l’acteur joue le même type de rôle - relatent le parcours d’un homme condamné injustement à une longue peine de prison qui, malgré cela, s’illustrera à l’occasion d’une catastrophe, un ouragan ici, une épidémie de choléra auparavant. Cette magnanimité qui s’exprime chez le héros malgré l’injustice dont il a fait l’objet, thème récurant dans toute la littérature romanesque, n’a jamais vraiment inspiré Ford ; le thème est certainement trop grossier pour qu’il y trouve matière à exprimer sa subtile et complexe conception des caractères humains. Ceci étant, même dénués de la fascinante dimension fordienne, ces films n’en restent pas moins émouvants et d’excellente facture. Le sujet est d’autant plus émouvant ici que celui qui subit les injustices est un indigène affable et porteur d’innocence qui voit rallonger sa peine suite à des évasions que sa nature d’homme libre le pousse à réitérer. C’est l’occasion pour Ford de dénoncer le racisme - dont il fut lui-même parfois accusé ! -, et en particulier celui dont sont victimes ces indigènes. Car à l’origine, la condamnation provient d’un simple coup de poing assené par le héros à un blanc arrogant alors que celui-ci le provoquait. S’ajoute à cette condamnation inique le comportement sadique du geôlier interprété par Carradine. Plus généralement, le traitement extrêmement flatteur que fait Ford de ce peuple des îles, en particulier lorsqu’il oppose sa bonhomie à l’administration froide et inhumaine du gouverneur incarné par Raymond Massey, donne à penser que ces indigènes sont un modèle d’humanité pour le blanc. « Hurricane » s’inscrit en fait à la suite d’œuvres hollywoodiennes rousseauistes comme « Ombres Blanches », « Les amants nus », « Tabou », « L’oiseau de paradis », « Taro le Païen », où l’homme naturellement bon serait corrompu par la civilisation, où la nature est perçue comme un paradis peuplé par des gens généreux. Outre ces considérations, le film recèle de longues et impressionnantes scènes de catastrophe parfaitement réalisées, des scènes tellement impressionnantes que cela relève plus d’une apocalypse que d’un ouragan. Ceci est encore renforcé par le fait qu’il ne reste de l’île, à la fin, qu’un malheureux banc de sable.

Tous les droits de reproduction et de diffusion réservés © 2013 Hollywood33