ILS ÉTAIENT TROIS

ILS ÉTAIENT TROIS

THESE THREE

Un drame de William Wyler

89  mn

Avec Miriam Hopkins, Merle Oberon, Joel McCrea, Catherine Doucet, Alma Kruger, Bonita Granville, Marcia Mae Jones, Margaret Hamilton, Walter Brennan
Scénario de Lillian Hellman
Musique de Alfred Newman
Photo de Gregg Toland
Produit par Samuel Goldwyn

RESUME
Après leurs études, deux jeunes femmes décident de restaurer une maison délabrée pour en faire une école. Elles sont aidées par un médecin qui tombe amoureux de l'une d'elles, entraînant la tristesse de l'autre également amoureuse de l’homme.

COMMENTAIRE
« Ils étaient trois » est le premier film que William Wyler réalise pour le producteur indépendant Samuel Goldwyn. Le film inaugure une collaboration qui conduira à une série de huit œuvres prestigieuses, sorties en une dizaine d’années, dont certaines, « Les hauts de Hurlevent », « Le cavalier du désert », « Les plus belles années de notre vie », sont incontestablement des chefs-d’œuvre. A cette collaboration il faut ajouter Gregg Toland qui accomplira la photo de six de ces films parmi lesquels on compte tous ceux cités plus haut. Connu en particulier pour son travail sur la profondeur de champ - qui verra l’apogée de son expressivité dans « Citizen Kane » -, on trouve ici un bel exemple de ce savoir-faire : alors que Miriam Hopkins, en premier plan face à la caméra, reste prostrée à l’annonce du mariage de son amie avec celui qu’elle aime, ces deux derniers se rejoignent en arrière plan. A côté de cela le film relate l’histoire d’un triangle amoureux déshonoré et offert en pâture à la vindicte publique suite aux diffamations d’une petite fille machiavélique. A l’inverse de « La rumeur », remake réalisé par Wyler en 1962 où la petite fille dénonce des rapports homosexuels entre les deux femmes, ou encore de « Sérénade à trois » sorti en 1933 et sujet à de nombreux sous-entendus mettant en scène une femme partagée entre deux hommes, « Ils étaient trois » s’applique à respecter les conventions sexuelles d’usage. Malgré les possibilités qu’offre l’histoire, c’est bien moins la respectabilité de ce triangle - qui ne fait aucun doute -, que l’influence des paroles d’une enfant, qui constitue le fondement de cette intrigue. Enfin, comme toujours chez Wyler, la direction d’acteur est impeccable, décelable en particulier à travers le jeu impressionnant de Bonita Granville qui incarne cette gamine manipulatrice et mesquine.

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