LES IMPLACABLES

LES IMPLACABLES

THE TALL MEN

Un western de Raoul Walsh

122  mn

Avec Clark Gable, Robert Ryan, Jane Russell, Cameron Mitchell, Mae Marsh, Juan Garcia, Harry Shannon, Emile Meyer
Scénario de Sydney Boehm, Frank S. Nugent
D'après Clay Fisher
Musique de Victor Young
Photo de Leo Tover
Produit par William A. Bacher, William B. Hawks

RESUME
A la fin de la guerre de Sécession, deux frères ayant combattu pour le Sud se rendent dans le Montana pour faire un mauvais coup. Mais l'homme qu'ils veulent détrousser leur propose de convoyer un troupeau du Texas au Montana en échange d'une forte somme.

COMMENTAIRE
Comment un film qui a tout pour être une réussite est en définitif ennuyeux ? Insister de façon non justifiée sur un aspect secondaire de l’intrigue ne peut qu’y contribuer. En effet, la place qu’occupe Jane Russell dans cette histoire d’hommes est excessive. Les longues scènes dans lesquelles elle apparaît, et où elle joue un rôle important, finissent par interférer avec le thème central du récit qui rappelle « La rivière rouge » et traite avant tout des relations tendues entre deux hommes lors d’une transhumance. Que cette femme soit l’un des objets du différent entre eux est classique, ce qui l’est moins, c’est que sa présence agressive fasse oublier des personnages principaux de l’histoire, en l’occurrence celui incarné par Robert Ryan. Ajoutons que jamais dans un film de la sorte une femme ne s’était montrée aussi peu habillée. Elle est souvent en jupon, s’habille, retire un bas, quand elle n’est pas nue dans une rivière ou derrière un drap. Rappelant que Raoul Walsh n’est pas insensible aux charmes féminins et que Russell a percé dans un film licencieux d’Howard Hughes, le film est imprégné d’érotisme, un érotisme qui finit hélas par lasser. Car Russel possède une beauté provocante qui confère à son personnage une « grossièreté » crispante. On imagine que le résultat aurait été différent avec Julie London ou Anne Bancroft… Ainsi, le surenchérissement de l’aspect sensuel au détriment de l’action dévalorise les nombreuses qualités du film ; parmi celles-ci, la photographie, les scènes spectaculaires en présence d’un gigantesque troupeau, et l’histoire elle-même. Ryan avoue à la fin du film que le personnage interprété par Clark Cable représente ce que tout être rêve de devenir. On peut deviner là les paroles de Walsh qui perçoit dans le héros de son film toutes les vertus qu’il affectionne. Outre le courage, la force de caractère, le dévouement, qui sont des valeurs intrinsèques du héros, on détecte chez Gable, un romantisme et un esprit chevaleresque spécifiquement walshien. Lorsqu’il soutire à l’associé qui l’a trahi, la somme exacte qu’il lui doit, alors qu’il aurait été justifié qu’il s'en octroie plus, il personnifie cet esprit. Rappelons enfin la scène surprenante où Gable, perdu dans la montagne et apercevant un pendu au loin, déclare à son frère qu’ils ne doivent plus être loin de la civilisation…

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