IMPRUDENTE JEUNESSE

IMPRUDENTE JEUNESSE

RECKLESS

Un drame de Victor Fleming

96  mn

Avec Jean Harlow, William Powell, Franchot Tone, May Robson, Ted Healy, Nat Pendleton, Rosalind Russell, Mickey Rooney, Henry Stephenson, Robert Light, Allan Jones
Scénario de P. J. Wolfson
D'après Oliver Jeffries
Musique de Jerome Kern
Photo de George J. Folsey
Produit par David O. Selznick

RESUME
Un jeune héritier s'offre la représentation d'un spectacle de Broadway pour lui seul. La vedette, une jeune danseuse connue pour ses frasques, accepte de le suivre ensuite. Ils ne tarderont pas à se marier au grand dam des proches du jeune homme.

COMMENTAIRE
En septembre 1932, deux mois après son mariage avec Jean Harlow, le producteur MGM, Paul Berne, se tire une balle dans la tête. Deux ans plus tard, faisant fi de la discrétion qui devrait entourer un tel drame, David O’Selznick - sous le pseudonyme d'Oliver Jeffries - imagine l’histoire d’un jeune héritier qui se tue après avoir épousé par amusement une extravagante artiste de music hall. Ayant tous les aspects d’une provocation, c’est à Harlow que Selznick offre le rôle de cette vedette qui conduit malgré elle son mari à la mort. L’ironie du sort se joindra à ce qui pourrait être considéré comme un indécent coup de pub, puisque durant le tournage d’ « Imprudente jeunesse » Harlow s’éprendra de William Powell, celui-là même qui joue l’amant succédant au mari défunt dans le film… (Jusqu’à son décès survenu en 1937 alors qu’elle n’avait que 26 ans, Harlow semble l’avoir aimé). C’est ainsi que rarement un film de cette époque n’aura eu de telles interconnections avec une réalité dramatique de l’histoire du show business hollywoodien. Dans l’insouciant papillonnement de Harlow, se décrypte l’un des destins les plus tragiques du cinéma. Et si le film commence sur le ton de la comédie, il ne peut résister bien longtemps à la vague d’accablement auquel il fait référence. C’est ainsi que la fin voit une succession de visages en larmes filmés en gros plan, des visages qui pleurent un destin malheureux. Deux ans auparavant, Victor Fleming - qui retrouvera Selznick pour « Autant en emporte le vent » - avait déjà dirigé Harlow dans une comédie épinglant le monde du cinéma, « Mademoiselle Volcan », mais qui est resté de l’ordre de la satire et de l’autodérision, alors qu’ici il laisse entrevoir derrière des apparences légères une face sombre de l’univers du spectacle. Venant ajouter à l’apparente légèreté de l’ensemble, trois numéros musicaux agrémentent le film, lui donnant un vague aspect de comédie musicale. Peu douée pour la danse et la chanson, en partie doublée ici, c’est l’unique fois où Harlow apparaît dans une œuvre présentant autant de numéros musicaux.

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