L' INCONNU

L' INCONNU

THE UNKNOWN

Un film fantastique de Tod Browning

65  mn

Avec Lon Chaney, Norman Kerry, Joan Crawford, Nick De Ruiz, John George, Frank Kanning, Billy Seay
Scénario de Waldemar Young
D'après Tod Browning
Photo de Merritt B. Gerstad

RESUME
Dans un cirque, un faux manchot lance des couteaux avec ses pieds. Il est amoureux d'une partenaire qui déteste se faire toucher par les hommes, et en particulier par le monsieur muscle qui la convoite. Par amour, le faux manchot se fera couper les bras.

COMMENTAIRE
Il les fit se rencontrer et leur donna les moyens d’exprimer leurs talents. Il semblerait que la rencontre du trio génial formé par Tod Browning, Lon Chaney et Waldemar Young, soit due à Irving Thalberg, le producteur de la MGM. Cet appui important, qui plus tard permettra la réalisation de « La monstrueuse parade », conduira à sept films hors du commun sortis entre 1925 et 1929. Parmi ceux-là, « L’inconnu » est probablement le plus insolite. Car c’est certainement la référence cinématographique en terme d’automutilation ; un sujet dérangeant qui fait inévitablement penser à des problèmes d’ordre psychique et faisant appel à des êtres déséquilibrés. Mais on comprend rapidement qu’on ne cherche pas ici à effrayer le spectateur en exhibant des personnages horribles et en étalant des comportements inquiétants à la manière des films d’horreur. Non, l’acte fou auquel s’adonne le personnage incarné par Charney est uniquement un moyen de traduire l’immense désespoir d’un homme qui n’est pas aimé. C’est ainsi que ce qui ressemble à de l’horreur - déranger en montrant des choses horribles - n’est en fait que de la poésie traduisant par le verbe des sentiments intimes et profonds. Ce caractère ambivalent constitue le caractère exceptionnel de l’œuvre de Browning. Son musée des horreurs, ses personnages diminués physiquement, ne sont là que pour exprimer une détresse. Et si, comme Chaney ici, ses protagonistes sont méchants, c’est d’abord parce qu’ils sont malheureux. Dans cet ordre d’idée, le destin du manchot est d’une noirceur inaccoutumée. Non content de ne pas être aimé, de s’être fait couper les bras, les auteurs finissent par lui trouver une mort horrible. Suggèrent-ils par là que les mal-aimés sont condamnés à une vie de torture quoi qu’ils fassent ? Concernant la forme, « L’inconnu » est un film cours qui ne s’embarrasse pas de détails superflus. Il relate sèchement les faits absolument nécessaires à la compréhension d’un choix aberrant et autodestructeur.

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