INDISCRÉTIONS

INDISCRÉTIONS

THE PHILADELPHIA STORY

Une comédie de George Cukor

108  mn

Avec Cary Grant, Katharine Hepburn, James Stewart, Ruth Hussey, John Howard, Roland Young, John Halliday, Mary Nash, Virginia Weidler, Henri Daniell
Scénario de Donald Ogden Stewart
D'après Philip Barry
Musique de Franz Waxman
Photo de Joseph Ruttenberg
Produit par Joseph L. Mankiewicz

RESUME
@S@A(JS).A la veille de son mariage, une jeune aristocrate voit débarquer dans la propriété familiale, un couple qui prétend être des amis de son père. Ce sont en fait des reporters de journaux mondains, envoyés par l'ex-mari pour suivre les noces.

COMMENTAIRE
« Indiscrétions » est le premier film que Katharine Hepburn tourne à la MGM. Après avoir travaillé presque exclusivement pour la RKO où les films qu’elle interprète sont souvent des bides, l’actrice relance sa carrière en intégrant la prestigieuse écurie du studio au lion. Outre « Indiscrétion » qui remporte un gros succès public et critique, c’est là qu’elle rencontrera Spencer Tracy avec lequel elle jouera quelques-uns de ses meilleurs rôles. La phase d’adaptation au sein du studio sera facilitée par le fait qu’elle retrouve ici son metteur en scène de prédilection, George Cukor. Il l’avait effectivement déjà dirigé quatre fois auparavant et la dirigera encore dans trois autres films - MGM - par la suite. L’actrice campe une riche héritière un peu excentrique - rôle qui lui va parfaitement -, courtisée par trois hommes, son futur mari, son ex-mari et un écrivain. (Notons au passage que le cinéma regorge de personnages qui vivent de leur plume, quelque peu révélateur de l’égocentrisme qui touche ceux qui écrivent des films !). L’histoire se déroule en grande partie dans la fastueuse demeure familiale de la jeune femme. Les parents, un oncle, une jeune sœur délurée viennent compléter la galerie de personnages. Retranché dans leur univers doré, tout ce beau monde s’en donne à cœur joie. L’histoire est prévisible et assez classique, en revanche le scénario, récompensé par un Oscar, est brillant. On ne serait pas étonné d’apprendre que Joseph L. Mankiewicz qui produit le film, ait participé à son élaboration tant certaines digressions presque hors sujet sont typiques de son style. (A savoir que cette année-là justement, des accords sont conclus interdisant aux producteurs de signer un scénario). Mais le plus remarquable est peut-être encore l’interprétation de James Stewart qui reçut l’Oscar du meilleur acteur pour sa prestation. Volant la vedette à Cary Grant qui, ne pouvant faire dans l’excès, se retrouve du coup en retrait, Stewart aligne les situations avec la justesse qu’on lui connaît. Une scène hautement burlesque comme celle où Grant lui décoche un poing dans la mâchoire, loin d’être ridicule, demeure parfaitement naturelle et amusante. Ceci étant, malgré la bonne réputation du film et quelques s’indéniables qualités, tout cela reste très bavard et convenu.

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