L' INSOUMISE

L' INSOUMISE

JEZEBEL

Un drame de William Wyler

100  mn

Avec Bette Davis, Henry Fonda, George Brent, Margaret Lindsay, Donald Crisp, Fay Bainter, Richard Cromwell, Henry O'Neill, Spring Byington, John Litel, Gordon Oliver, Janet Shaw, Theresa Harris, Irving Pichel, Eddie Rochester Anderson
Scénario de Clements Ripley, Abem Finkel, John Huston
D'après Owen Davis
Musique de Max Steiner
Photo de Ernest Haller
Produit par Hal B. Wallis

RESUME
@D(FB)@B.A la Nouvelle Orléans avant la guerre de Sécession, une jeune aristocrate choisit par provocation de se rendre à un grand bal dans une robe rouge. Par défi, son fiancé l'accompagnera, mais la soirée terminée, il rompra avec elle.

COMMENTAIRE
Un an avant « Autant en emporte le vent », encouragé par l’engouement du public pour les histoires se situant dans le Sud et le succès du roman de Margaret Mitchell qui reçoit le prix Pulitzer en 1937, la Warner entreprend une œuvre prestigieuse se déroulant avant la guerre de Sécession en Louisiane. Le studio met à la disposition de la production des moyens importants afin de reproduire fidèlement et avec faste l’atmosphère de cette époque. Pour l’occasion il fait appel à William Wyler, réalisateur réputé alors sous contrat avec Samuel Goldwyn, et à l’une de ses plus grandes vedettes, Bette Davis qui sortira avec ce film d’une longue période de marasme. Tout entier sous le signe du raffinement, le résultat est à la hauteur des attentes. Par sa forme tout d’abord. A l’instar du travelling qui ouvre le film, la reconstitution du Sud est minutieuse. Outre ces images d’une rue populeuse de la Nouvelle Orléans, les toilettes, les intérieurs, la vaisselle ont de toute évidence fait l’objet d’un soin particulier et de recherches sérieuses qui durent inspirer de nombreuses créations par la suite. La photo d’Ernest Haller qui devient plus sombre à mesure que le film s’enfonce dans le drame, qui offre quelques beaux plans à la grue, de magnifiques gros plans de Davis, met en valeur avec intelligence cet univers en passe de disparaître. Mais le raffinement se manifeste également dans le contenu. Les personnages, les relations qu’ils entretiennent entre eux n’ont rien de trivial. Amorcé par un scénario subtil, la complexité de tout ce qui a trait à l’humain apparaît avec évidence grâce à une mise en scène incroyablement juste. Par exemple, cette scène fascinante où l’héroïne découvre que celui qu’elle aime - et qu’elle a attendu un an - est déjà marié. Les expressions qui se lisent sur le visage de Davis, alliées à ses regards et au jeu du montage, vont au-delà de la simple déception attendue que l’intrigue se plaît à entretenir. Plus généralement, le tempérament vaniteux et imprévisible de l’héroïne, outrageusement proche de celui de Scarlett O’Hara dans « Autant en emporte le vent », est on ne peut plus convaincant. Ceci est dû certes au travail de Wyler - qui n’hésite pas à accumuler les prises pour obtenir ce qu’il recherche -, mais aussi à celui de Davis qui exploite comme jamais toute la particularité de son jeu, comme prendre des postures détachées et hautaines alors qu’elle est intérieurement déstabilisée. Cette impressionnante interprétation lui vaudra l’Oscar de la meilleure actrice. Enfin, autant du point de vue des us et coutumes que des tensions idéologiques, le film possède une approche historique pertinente. Que ce soit les relations entre les Blancs et leurs esclaves, les règles archaïques d’une société férocement attachée à ses privilèges, les tensions entre le Nord et le Sud qui commencent à pointer, ou le combat entre les conservateurs et les progressistes, tout ce qui caractérise le Sud de cette époque est traité avec subtilité et discernement. Rappelons que parmi les auteurs se trouve John Huston qui, si l’on considère l’œuvre de ses coscénaristes, est pour une grande part responsable de la richesse du scénario.

Tous les droits de reproduction et de diffusion réservés © 2013 Hollywood33