L' INSPIRATRICE

L' INSPIRATRICE

THE GREAT MAN'S LADY

Un drame de William A. Wellman

82  mn

Avec Barbara Stanwyck, Joel McCrea, Brian Donlevy, Katherine Stevens, Thurston Hall, Lloyd Corrigan, Etta McDaniel, Frank M. Thomas, William Davidson, Mary Treen, Lucien Littlefield, John F. Hamilton
Scénario de W. L. Rivers
D'après Seena Owen, Vina Delmar, Adela Rogers St. Johns
Musique de Victor Young
Photo de William C. Mellor
Produit par William A. Wellman

RESUME
Après l'inauguration de la statue du fondateur de la ville, les journalistes se ruent chez une centenaire pour connaître ses prétendus liens avec ce héros. Réticente, celle-ci les renverra pour finir par dévoiler sa vie à une jeune biographe.

COMMENTAIRE
Rappelant à s’y méprendre « Cimarron » sorti dix ans auparavant, « L’inspiratrice » est l’histoire d’un de ces héros fondateurs de l’Ouest, relatée par une vieille femme qui a partagé avec lui une partie de sa vie. Encourageant la nostalgie, le procédé permet d'ajouter des sentiments encore vivants à ce qui ne serait dans d’autres circonstances qu’une page jaunie d’un passé héroïque révolu. Le procédé a aussi vocation à magnifier l’homme et son destin qui prennent alors une dimension mythique. Mais l’accent est surtout mis sur l’aspect sentimental et dramatique de ce destin. Thème mélodramatique par excellence, souvent présent dans les œuvres de John M. Stahl, un homme et une femme épris l’un de l’autre sont séparés à jamais suite à une méprise tragique. Or leur courte union aura tout de même donnée à l’homme, porté par le souvenir de cet amour, la force d’accomplir son destin exceptionnel. Cette histoire à la fois romantique et tragique, toute entière placée sous le signe du souvenir, qui donne à la femme une place inattendue dans l’histoire, est interprétée par une magnifique Barbara Stanwyck. Très belle lorsqu’elle joue les jeunes filles, elle est tout aussi convaincante lorsqu’elle interprète une centenaire. On a d’ailleurs rarement vu un grimage en vieille femme aussi confondant de réalisme. Mais le personnage le plus fascinant est peut-être le joueur interprété par Brian Donlevy. En ajoutant une dimension humaine, passionnée, à son apparence fallacieuse, il gagne en profondeur pour finir par susciter une indicible sympathie. A la fois amant et Pygmalion, l’homme entretient une relation ambiguë avec l’héroïne. En fait, l’histoire se décline par petites touches discrètes qui laissent volontairement à ces relations sa part de mystère. Rendu possible grâce à l’ellipse, le film reste effectivement court comparé à la longue période qu’il couvre.

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