LE JARDIN DU DIABLE

LE JARDIN DU DIABLE

GARDEN OF EVIL

Un western de Henry Hathaway

100  mn

Avec Gary Cooper, Richard Widmark, Susan Hayward, Hugh Marlowe, Cameron Mitchell, Rita Moreno, Fernando Wagner, Victor Manuel Mendoza
Scénario de Frank Fenton
D'après Fred Freiberger, William Tunberg
Musique de Bernard Herrmann
Photo de Milton Krasner, Jorge Stahl
Produit par Charles Brackett

RESUME
En proposant une forte somme d'argent, une jeune femme convainc quatre aventuriers de l'accompagner pour secourir son mari enseveli dans une mine d'or située en territoire apache. Elle va les guider en s'aidant d'une carte qu'elle dissimule.

COMMENTAIRE
« Le jardin du Diable » est un western mémorable. En comptant l’histoire d’une poignée d’aventuriers traversant une contrée immense, hostile, désertée, il s’assimile au film d’aventure. Le personnage constitutif du western, le cow-boy en l’occurrence, est réduit à l’état de passager qui attend dans une baie mexicaine que son bateau soit réparé, tandis que les Apaches, que l’on devine de très loin, sont réduits à l’état d’êtres primitifs munis d’arcs et de flèches. Les aventuriers font en quelque sorte figure de conquistadors attirés en terre inconnue par l’appât de l’or. On s’étonne d’ailleurs que le personnage joué par Gary Cooper connaisse aussi bien la région tant elle semble inaccessible et peu connue : la route en corniche, unique accès à ce « Jardin du diable », et la carte nécessaire pour s’y déplacer, l’attestent. Venant ajouter à l'atmosphère menaçante et à l’impression d’isolement, la musique omniprésente de Bernard Herrmann, le compositeur attitré d’Alfred Hitchcock, martèle son thème caractéristique qui a rarement autant participé au climat d’un western. Le traitement des personnages demeure un autre aspect enthousiasmant du film. Ils ont tous une personnalité attachante, excepté peut-être Cameron Mitchell qui fait office de méchant. C’est le Mexicain effacé qui en défiant l’ennemi sous le tir des flèches libère la tension trop longtemps contenue ; une tension engendrée par un danger larvé et que subissent tous les membres du groupe. C’est le mari qui découvre qu’il est l’instrument d’une femme qu’il aime et pour laquelle il s’est dévoué. C’est cette femme manipulatrice et ambiguë (qui enterre son alliance dans la terre de la tombe de son mari) autant attirée par l’or que par les hommes à poigne. C’est ce joueur cynique interprété par un Richard Widmark fascinant. Et enfin, c’est cet ex-shérif taciturne et avisé joué par un Gary Cooper parfaitement en adéquation avec l’image qu’on s’en fait. Ces deux derniers personnages forment un duo qui n’est pas sans rappeler ceux formés par Anthony Quinn et Henry Fonda dans « L’homme aux colts d’or ». L’admiration que l’homme de main éprouve pour son chef se communique au spectateur afin d’augmenter encore l’aura du héros.

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